Cette écotaxe dont le gouvernement ne voulait pas

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Cette écotaxe dont le gouvernement ne voulait pas
@ MaxPPP
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L’INFO POLITIQUE - L’exécutif va chercher à détricoter au maximum cette mesure afin de calmer la colère des agriculteurs bretons.

Contexte. Les "Bonnets rouges" sont sortis en Bretagne.  Samedi, une manifestation a dégénéré, dans le Finistère notamment, obligeant les forces de l’ordre à intervenir en masse. "Qu'est ce qu'il attend Ayrault pour suspendre l'écotaxe dans le Finistère ? Qu'il y ait un mort ?", scandait un éleveur de volaille en colère. Au sommet de l’Etat, on s’inquiète de l'évolution de la situation. Mais parce qu’il a très peu de marge de manœuvre, le gouvernement ne reviendra pas dessus, assure Caroline Roux, éditorialiste politique d’Europe 1. 



"L'enfer" de l'écotaxepar Europe1fr

"On va obliger les gens à passer, chaque jour, sous un impôt !" "On a hérité d’une mesure qui est d’une complexité  absolue, qui est un enfer à appliquer", confie un des ministres en charge de ce dossier explosif, obligé de composer avec ce dispositif voté par la droite et auquel il ne croit pas. Chez les barons bretons qui entourent le chef de l’Etat, l’aigreur est la même. L’un d’eux dénonce ainsi l’installation de portiques qui vont permettre d’appliquer la taxe. "Imaginez que l’on va obliger les gens à passer, chaque jour, sous un impôt ! C’est une première, et s’ils ne sont pas en colère à l’aller, ils le seront au retour", tacle-t-il.

Objectif : détricoter la mesure. Pourtant, tout ce petit monde doit trouver un moyen de faire appliquer le dispositif pour au 1er janvier prochain. Mais il ne faudra pas attendre de souplesse sur le calendrier et encore moins sur la taxe elle-même, car Bruxelles l’impose à tous les pays membres. Il reste une solution : détricoter au maximum la mesure pour calmer la colère des agriculteurs bretons.

Quand le Medef s’invite dans les manifs. Stéphane Le Foll va faire des propositions en ce sens, lundi, à Jean-Marc Ayrault. Le ministre de l’Agriculture a déjà sa ligne de conduite en tête : lâcher du lest sur le contenu de la mesure pour pouvoir sauver le principe des exonérations en plus pour la Bretagne. La semaine prochaine, ce proche de François Hollande se rendra sur place, mais la situation est une priorité pour lui. Alors il s’informe par tous les canaux possibles. Ce week-end, il a ainsi appelé sa collègue du gouvernement Marilyse Lebranchu, rentrée sur ses terres finistériennes, pour prendre le pouls. Objectif : déterminer ce qui est du ressort d’une colère spontanée qui deviendrait incontrôlable et ce qui relève de l’instrumentalisation politique. Le gouvernement a en effet particulièrement remarqué la présence de représentants du Medef local lors des manifestations du week-end.

Le 2 novembre, à Quimper, les agriculteurs manifesteront une nouvelle fois. Histoire de montrer encore un peu plus leur détermination et leur colère. S’il était dans la capacité de le faire, le gouvernement aurait aimé revenir en arrière, comme il l’a fait sur la fiscalité de l’épargne. Mais cette fois, il doit tenir, car reculer serait comme avouer à Bruxelles que l’exécutif  n’a plus l’autorité nécessaire pour imposer la collecte d’un nouvel impôt. Donc pour gouverner.