Attentat de Nice : Cazeneuve et la policière municipale maintiennent leurs positions

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Attentat de Nice : Cazeneuve et la policière municipale maintiennent leurs positions
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La chef du Centre de supervision urbain de Nice avait expliqué avoir subi des pressions du cabinet du ministère de l'Intérieur.

Bernard Cazeneuve a dénoncé dimanche soir une "campagne de vilenies" contre lui et "les mensonges" de certains "responsables politiques" niçois, sans les citer. Invité du 20h de France 2, le ministre de l'Intérieur est revenu sur la polémique le concernant, lancée le matin même dans le Journal du dimanche par une policière municipale niçoise.

Sandra Bertin maintient ses accusations. Dans un entretien au JDD, Sandra Bertin, qui était en charge de la vidéosurveillance le soir de l'attentat de Nice, affirme avoir été "harcelée pendant une heure" le lendemain par un commissaire envoyé, selon elle, par le cabinet du ministre de l'Intérieur. "On m'a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n'ai pas vues à l'écran", dit-elle en expliquant avoir dû "physiquement renvoyer du centre de supervision urbain (CSU) l'émissaire du ministère".

Citée par France 2, elle a maintenu ses accusations dimanche soir, assurant qu'un "commissaire de police" disant être envoyé par le ministère était présent avec elle dans le centre de vidéosurveillance de la ville. Une autre personne disant faire partie du cabinet du ministre, jointe par téléphone, lui auraient notamment demandé "de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale" et de rédiger un rapport "modifiable".

La policière municipale va par ailleurs faire lundi un signalement auprès du procureur de la République pour "faux en écriture publique", a annoncé dimanche son avocat.

Cazeneuve a "la nausée". Bernard Cazeneuve assure ne jamais avoir envoyé d'émissaire, ni encore moins demandé de modifier un compte-rendu qui, jure-t-il dimanche soir, n'avait même pas vocation à figurer dans le dossier d'instruction. Il se dit pleinement confiant sur le fait que le justice lui donnera "raison", après le dépôt d'une plainte pour diffamation. "Je suis tout à fait serein (...) parce que je connais la vérité", a déclaré le ministre de l'Intérieur sur France 2. "J'ai la nausée de voir ce qui se passe [depuis dix jours]", a-t-il renchéri.

Cazeneuve soutenu par le parquet et le patron de la police nationale. Dans une déclaration à l'AFP, le procureur François Molins avait auparavant indiqué que c'était sous sa "seule autorité et pour les besoins de l'enquête en cours que le 15 juillet, deux brigadiers chefs ont été envoyés au CSU de Nice". Une information immédiatement après corroborée par le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas, qui, dans un communiqué, a rappelé que "l'enquête relative aux assassinats terroristes de Nice [...] relève exclusivement de l'autorité judiciaire".

Ni Bernard Cazeneuve, ni son cabinet ne sont intervenus auprès de la police municipale niçoise pour lui faire modifier un compte-rendu, a également assuré dimanche à la presse le patron de la police nationale. Jean-Marc Falcone a estimé que "les polémiques et manipulations qui portent atteinte à la police nationale, à ses dirigeants et à son ministre" devaient "cesser".

Estrosi dénonce des "accusations scandaleuses". "Les accusations indignes de ce jour s'inscrivent dans la suite des polémiques virulentes que certains élus de Nice ont souhaité entretenir puis alimenter chaque jour depuis le terrible attentat du 14 juillet", avait déjà dénoncé le ministre de l'Intérieur en appelant "chacun à reprendre ses esprits".





Une réponse qui n'avait pas du tout plu à Christian Estrosi, ce dernier y voyant là une accusation "d’instrumentalisation" de la part du ministre à l'encontre de la mairie de Nice. "Avec @p_pradal (le maire Philippe Pradal, LR, ndlr), nous rejetons les accusations scandaleuses du ministre d'instrumentalisation des propos d'un agent dans un contexte aussi terrible", déclare Christian Estrosi sur Twitter, où il assure également que la municipalité a découvert dans le Journal du dimanche les propos de la policière municipale Sandra Bertin.