Burqa : Fillon favorable à une loi

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Burqa : Fillon favorable à une loi
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Le Premier ministre a demandé une résolution "suffisamment ferme" pour fixer les principes et une loi pour les appliquer.

Au tour de François Fillon de prendre position sur la burqa. Le Premier ministre a déclaré mardi aux députés UMP que l'interdiction du port du voile intégral devait "passer par une résolution suffisamment ferme pour fixer les principes, ainsi que des textes législatifs et des décisions réglementaires pour appliquer ces principes", selon plusieurs témoins. La résolution est inscrite dans la Constitution et permet aux parlementaires de s'exprimer solennellement sur une question de leur choix.

"La position du gouvernement a été exprimée par le président de la République lors du Congrès à Versailles, en juin dernier : la burqa n'est pas la bienvenue en France. L'objectif, c'est de faire en sorte que la burqa n'ait pas sa place en France", a poursuivi le Premier ministre lors de cette réunion hebdomadaire du groupe UMP, qui se tenait à huis clos.

Sur le contenu, les sanctions et la compatibilité du futur texte de loi avec la constitution et la jurisprudence européenne, il y a débat", a reconnu François Fillon, ajoutant qu'il fallait laisser "passer les conclusions de la mission parlementaire". Cette mission sur le voile intégral,présidée par le député PCF du Rhône André Gerin, doit rendre ses conclusions fin janvier.

Aussi bien à gauche qu’à droite, la nécessité d’une loi ou non sur le port du voile intégral divise. Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, plaide depuis l'automne pour une loi d'interdiction et a même annoncé, le 22 décembre, le dépôt d'une proposition de loi UMP en ce sens pour les prochains jours, qui serait débattue la dernière semaine de mars. Une interdiction, dans les lieux ouverts au public, du port d'une tenue ou d’un accessoire ayant pour effet de dissimuler le visage sans motifs légitimes et une sanction pouvant aller jusqu'à 750 euros seraient au programme de la proposition de loi.

Au sein de la majorité, les réserves sur la proposition de Copé se multiplient. Dans uneinterview au quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France parue mardi, le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer plaide pour "la solution la plus consensuelle possible" et juge "prématurée" la proposition de loi de Jean-François Copé alors que la mission parlementaire n'a pas encore rendu ses conclusions.

"Nous avons jugé à l’UMP qu’il fallait d’abord entendre l’avis de la mission, et voir ce qui paraît utile et applicable dans la législation qui existe déjà", indique sur son blog Nathalie Kosciusko-Morizet, chargée de rédiger la contribution de l’UMP à la mission d’information. "Il faut appliquer les lois actuelles et prendre toutes les dispositions réglementaires qu’elles autorisent. Ainsi, à la sortie des écoles, dans les hôpitaux, aux guichets des services publics, nul besoin de loi : le règlement suffit, et l’interdiction peut donc être appliquée beaucoup plus rapidement" estime la secrétaire d’Etat à l’économie numérique.