Bruxelles : Barroso est-il à sa place ?

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Bruxelles : Barroso est-il à sa place ?
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Paris comme Berlin reconnaissent "un problème" avec le président de la Commission européenne.

Le clash. Montebourg-Barroso : 1 partout ? Au lendemain des déclarations du ministre du Redressement productif accusant José Manuel Barroso "d'être "le carburant du Front national" pour avoir récemment qualifié la position française sur l'exception culturelle de "réactionnaire", la réponse  (cinglante) de l'intéressé ne s'est pas fait attendre. "Quand il s'agit de réforme économique, d'ouverture, de mondialisation, de l'Europe et de ses institutions, certains souverainistes de gauche et de l'extrême droite ont exactement le même discours", a réagi lundi le président de la Commission européenne, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. La Commission avait auparavant jugé "regrettable" qu'un ministre français ait "une nouvelle fois" fait d'elle le "bouc émissaire" des difficultés de la France. Avec Paris, "on passe de la félicitation absolue à des mises en cause violentes", a commenté lundi une source européenne, ajoutant que la France était "le seul pays qui réagit comme un électrocardiogramme".

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© MaxPPP

Un "problème Barroso". Après les propos de José Manuel Barroso sur l'exception culturelle et la "France réactionnaire" en plein sommet du G8 de Lough Erne, en Irlande du Nord, François Hollande et le président de la Commission européenne vont sans doute s'accorder un nouveau tête-à-tête lors du sommet européen à Bruxelles qui débute jeudi. 

 A l'Elysée, on s'emploie à souligner que les relations de travail sont bonnes avec la Commission. Manière de dire qu'elles le sont beaucoup moins avec José Manuel Barroso. En privé, les qualificatifs peu flatteurs fusent sur le président de la Commission européenne. "C'est un ultra-libéral" assène un conseiller de François Hollande, "un nul" renchérit une source haut placée, qui rappelle que José Manuel Barroso n'a pas vu la crise venir en Europe en 2007 alors que plusieurs signaux étaient au rouge. "Il devrait faire attention à ne pas perdre le peu de crédibilité qu'il lui reste", grince un ministre.

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© Reuters

Les tacles de Merkel. Même la chancelière allemande, qui l'avait soutenu lors de son renouvellement de mandat, admet aujourd'hui une erreur de casting. "Pour le prochain président de la commission, cette fois, il ne faudra pas se tromper", confie la chancelière en petit comité. En attendant, François Hollande et José Manuel Barroso sont condamnés à s'entendre jusqu'à la fin du mandat du président de la Commission européenne, en octobre 2014.