Boutih (PS) prône une "vraie offensive antiracaille dans les banlieues"

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Boutih (PS) prône une "vraie offensive antiracaille dans les banlieues"
@ STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Pour Malek Boutih, proche de Manuel Valls, "il faut arriver à isoler aujourd'hui les voyous du reste de la population et de la jeunesse".

Le député PS Malek Boutih a prôné jeudi une "vraie offensive antiracaille dans les banlieues", alors que les policiers manifestent depuis trois jours après la très violente agression de quatre d'entre eux à Viry-Châtillon.

Un "nouveau gangstérisme". "Il faut arriver à isoler aujourd'hui les voyous du reste de la population et de la jeunesse. il y a une vraie offensive antiracaille à avoir dans les banlieues", a déclaré Malek Boutih, ancien président de SOS Racisme, sur RTL. "Ce n'est pas qu'une question de moyens. Ce qui a changé, c'est le niveau de violence, le terrorisme, et cette frange de population qui veut tuer un policier." Malek Boutih a évoqué un "nouveau gangstérisme né de la prohibition de la drogue, de l'abandon des territoires, d'une décentralisation qui fait qu'on a des élus locaux parfois, soit qui parlementent avec les voyous, soit les laissent faire, soit qui disent 'Il me faut de l'argent, de l'argent'".

"C'est normal que les mecs aient les boules". Le député de l'Essonne a cependant rendu hommage à Bernard Cazeneuve. "D'abord, il y a un ministre de l'Intérieur, tout le monde le reconnaît, qui travaille vraiment beaucoup, qui est dévoué à sa tâche, qui n'en fait pas une carrière politique. Pour un ministre de l'Intérieur, ça change un peu quand même", a dit ce proche de Manuel Valls. S'agissant des manifestions de policiers, "c'est normal que les mecs aient les boules, qu'ils aient peur, on doit les protéger". "Il y a toujours un peu d'organisation derrière, je suis un militant, je sais comment ça se passe", a-t-il néanmoins reconnu. "Il y a peut-être des gens d'extrême droite qui chauffent, il y en a toujours, mais je ne pense pas que ce soit le cœur des mécontentements", a-t-il dit, jugeant "pas délicat(e)" la sortie du Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis. "Qu'on s'occupe de tous les jeunes de banlieue qui, eux, ne sont pas des voyous. Tous ceux dont on ne parle jamais", a lancé Malek Boutih.

Valls plutôt que Hollande. Le député PS affirme par ailleurs qu'il ne soutiendra pas François Hollande en 2017, et entend "pousser" Manuel Valls à se présenter à l'Élysée qui, "pour l'instant, ne veut pas" car il y a selon lui "non assistance à gauche en danger". Pour François Hollande, "la question qui est posée, c'est quitte ou double. Sincèrement, moi je suis pour le quitte, pas le double", a déclaré Malek Boutih. Le chef de l'État, que Malek Boutih a soutenu en 2012, "a le droit de se présenter. Mais on n'est pas obligé d'acquiescer le fait présidentiel, l'obligation de se soumettre aux desiderata d'une personne", a poursuivi le député de l'Essonne, "sincèrement effondré" à la lecture du livre Un président ne devrait pas dire ça… (Stock).