Boudé par les socialistes, Macron garde le moral

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L’ancien ministre de l’Economie a participé au Sommet des réformistes européens samedi à Lyon. Sans socialiste, mais avec des personnalités de droite. 

REPORTAGE

Il était inutile de chercher des leaders socialistes samedi à Lyon, au sommet des Réformistes européens. La présence d’Emmanuel Macron expliquait cette absence remarquée. L’ancien ministre de l’Economie a pris la parole et plaidé pour une refondation de l’Europe, sans Pierre Moscovici, le commissaire européenne à l’Economie, ni Anne Hidalgo, la maire de Paris, qui ont tous deux annulé leur venue. Pas de signe non plus de Terra Nova, le think tank proche du PS, et qui s’est retiré de l’organisation du colloque. Seul Gérard Collomb, maire PS de Lyon et "macroniste" revendiqué, était là.

"Tout cela n’est pas grave". De là à imaginer que les absents de dernière minute ont subi des pressions, ont reçu des coups de fil pour ne pas s’afficher au côté de l’encombrante nouvelle star de la politique française, il n’y a qu’un pas que le principal intéressé refuse de franchir. Par indifférence, jure-t-il. "Ou bien ils n’avaient pas grand-chose à dire, ou bien ils sont l’objet de pression et ils acceptent de subir des pressions. Tout cela n’est pas grave", répond Emmanuel Macron à Europe 1. "Ce qui compte, c’est ce que l’on a à dire aux Françaises et aux Français sur ce sujet essentiel, et c’est bien ce qui nous rassemble aujourd’hui."

Lefebvre et Dutreil très remarqués. Et puisque les socialistes ont déserté la salle, Emmanuel Macron fait son marché dans le camp d’en face. Cela lui permet de continuer de prôner l’explosion des clivages. La présence de plusieurs personnalités de droite a été très remarquée. Ainsi celles de Frédéric Lefebvre, ministre sous Nicolas Sarkozy, et de Renaud Dutreil, ministre sous Jacques Chirac. Renaud Dutreil vient d’ailleurs de lancer un mouvement au nom sans équivoque : "La droite avec Macron".

Trois meetings en octobre. Emmanuel Macron revendique plus de 80.000 adhérents pour son mouvement "En Marche". Samedi soir sur BFM TV, il a annoncé qu’il rendrait compte de son travail de diagnostic sur l’état de la France lors de trois meetings à partir du 4 octobre à Strasbourg, au Mans et à Montpellier. L'occasion de compter et d'afficher ses soutiens. Il sera ensuite temps, peut-être, d’officialiser une candidature à la présidentielle qui lui fait très envie.