Borloo avance, l'Elysée s'inquiète

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Borloo avance, l'Elysée s'inquiète
@ Reuters
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Nicolas Sarkozy ne s’attendait pas à ce que son ex-ministre envisage de se présenter contre lui.

Jean-Louis Borloo a-t-il vraiment envie de se lancer dans la course à l’Elysée ? Souvent décrit comme indécis, imprévisible, l’ancien ministre a voulu casser cette image avec son interview publiée mardi dans La Voix du Nord. La présidentielle, "cela fait des années que je m’y prépare", explique-t-il. Rien à voir donc avec une décision prise sur un coup de tête.

Frédéric Salat-Baroux en charge du programme

Et pour crédibiliser l’idée de sa candidature, le centriste tiendra une réunion de campagne tous les mardis soir avec ses fidèles dont le député Yves Jégo et l’ancienne ministre Valérie Létard.

Son entourage compte aussi un nouveau visage, celui de Frédéric Salat-Baroux, une prise politique de choix. L’ancien secrétaire général de l’Elysée du temps de Jacques Chirac et mari de Claude Chirac est chargé de plancher sur le programme présidentiel de Jean-Louis Borloo.

Le deal pas respecté

Un sujet qui préoccupe fortement l'Elysée. Nicolas Sarkozy lui avait donné le feu vert pour réorganiser le centre autour de lui. Mais il ne s’attendait pas à ce que Jean-Louis Borloo quitte l’UMP à grand fracas, qu’il demande à ses amis de le suivre et qu’il se présente contre lui.

Ainsi, l’Elysée considère que Borloo n’a pas respecté le deal. Il devait fédérer les voix du centre au profit de Nicolas Sarkozy. Finalement, il s’est installé en opposant qui veut soustraire à l’UMP ses élus, ses électeurs centristes pour servir ses propres intérêts.

Une porte de sortie?

Des ambitions un peu disproportionnées au regard des sondages. Les plus optimistes le créditent d’un score de 8%. Hors, dans son interview au quotidien régional, Jean-Louis Borloo affirme que s’il est candidat, "c’est pour gagner".

Certains y voient donc déjà une porte de sortie. En clair, si la dynamique ne prend pas et que sa candidature est promise à une simple figuration, Jean-Louis Borloo laisse entendre qu’il pourrait renoncer.