Querelles franco-allemandes autour de Moscovici

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Querelles franco-allemandes autour de Moscovici
François Hollande a officiellement proposé à Bruxelles la nomination de son ancien ministre des Finances Pierre Moscovici comme commissaire européen même si le périmètre de ses futures fonctions reste à déterminer.@ Reuters
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La décision du président français de soutenir son ancien ministre pour un poste de commissaire européen a du mal à passer en Allemagne.

L’INFO. Le faux suspense a pris fin mardi : Pierre Moscovici sera bien le candidat de la France à un poste de commissaire européen. François Hollande a tranché en faveur de son ancien ministre de l’Economie plutôt que pour Elisabeth Guigou, également candidate. Mais le chef de l’Etat avait promis le poste à l’ancien locataire de Bercy quand il a mis fin à sa mission au gouvernement.

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L’Allemagne pas emballée… La lettre officielle de candidature a été envoyée mardi à Jean-Claude Juncker, le tout nouveau président de la commission européenne, qui a désormais un mois pour constituer son équipe. Reste à trouver un poste à Pierre Moscovici. La France réclame pour lui le poste des Affaires économiques mais en Allemagne, on n’est pas très emballée à l’idée de confier un tel portefeuille à un pays qui ne respecte pas ses engagements en matière de de déficits… "Si on nomme aux affaires économiques et monétaires précisément le ministre des Finances français qui n’a rien fait pour respecter le pacte de stabilité, c’est comme si on voulait chasser le diable avec (le démon) Belzébuth", avait taclé dans la presse, le 15 juillet, Norbert Barthle, responsable des questions budgétaires et pilier de la fraction chrétienne-démocrate (CDU-CSU), formation d'Angela Merkel.

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble avait également expliqué que la nomination d'un Français ne serait pas "un bon signal". Avant de mettre de l'eau dans son vin dans Les Echos la semaine dernière : Pierre Moscovici "a aussi été un bon ministre des Finances", y a déclaré le ministre. Il n'en fallait pas moins à l'UMP, toutefois, pour tirer à boulets rouges sur cette candidature : "Ne nous étonnons pas que cette candidature suscite autant de réserves, notamment de la part de l’Allemagne", a taclé Bruno Le Maire (UMP), ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, mercredi matin sur i>Télé. Une remarque partagée par le député UMP de l'Oise, Jean-François Mancel.

 Hollande y tient. Pour l’heure, François Hollande et Angela Merkel sont à la recherche d’un compromis. L’idée d’un poste taillé sur mesure pour Pierre Moscovici - par exemple consacré à l’industrie et à la relance de la croissance en Europe voire à la concurrence -, fait son chemin chez les deux dirigeants. Pour le président français, il est hors de question d’essuyer un échec dans ce dossier et un veto de l’Allemagne est inenvisageable. Voilà pour la version officielle.

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Et si c’était Jean-Marc Ayrault ? Dans les coulisses de l’Elysée, on prépare néanmoins un plan B. Si la candidature de Pierre Moscovici ne parvient pas à passer, alors c’est celle de … Jean-Marc Ayrault qui sera appuyée par la France. "Je me suis de tout temps intéressé à l’Europe et au dialogue franco-allemand, mais je n’ai pas déposé de candidature", assurait l’ancien maire de Nantes dans Le Parisien, fin mai. L’idée serait de faire de l’ancien Premier ministre le remplaçant d’Herman Van Rompuy, qui quittera son poste de président du conseil européen à la fin de l’année. Une sorte de lot de consolation si la France n’obtient pas le poste convoité au sein de la commission européenne.

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