Bartolone-Pécresse : la guerre des nerfs est lancée en Ile-de-France

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Bartolone-Pécresse : la guerre des nerfs est lancée en Ile-de-France
Claude Bartolone et Valérie Pécresse.@ AFP / montage Europe 1
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BOULES PUANTES - Deux poids lourds politiques s'affrontent dans une région cruciale pour chaque camp. Le match est déjà sanglant.

Le duel entre Claude Bartolone et Valérie Pécresse pour la présidence du conseil régional d'Ile-de-France sera un marathon, pas un sprint. L'élection n'est qu'en décembre, mais la campagne a déjà commencé, et sur les chapeaux de roue. L'enjeu est crucial, à un an et demi de la présidentielle. La "région capitale" est la plus peuplée de France et représente 30% du PIB national. En outre, les deux adversaires sont des poids lourds politiques. Un président de l'Assemblée nationale en exercice contre une ex-ministre restée au gouvernement tout le long du quinquennat Sarkozy. Une personnalisation à l'extrême qui renforce la détermination de chaque camp à mettre des bâtons dans les roues de l'autre.

Passes d'armes en série. "Ça va être une campagne très dure", avertit le sénateur PS Luc Carvounas, directeur de campagne de Claude Bartolone, contacté par Europe 1. Les débuts l'ont montré. Dès la candidature du président de l'Assemblée officialisée, les soutiens de Valérie Pécresse ont immédiatement mis en cause un "mélange des genres". "Si j'étais à la place de Claude Bartolone, je démissionnerais de la présidence de l'Assemblée nationale", a elle-même attaqué la députée des Yvelines le 10 mai. Le lendemain, elle organisait sous l’œil des caméras le nettoyage d'un ancien camp de Roms en Seine-Saint-Denis, le fief de Claude Bartolone. Une opération médiatique en forme de procès du bilan local de son adversaire.

A gauche, on n'est pas en reste. Les soutiens de Claude Bartolone se montrent très actifs sur les réseaux sociaux. Jeudi dernier, le compte Twitter de la campagne de Valérie Pécresse a qualifié d'"immersion" un déplacement de la candidate en métro. Des élus de gauche n'ont pas manqué de railler le terme. En avril, plusieurs twittos avaient déjà opportunément exhumé des propos de Valérie Pécresse datant de 2012, lorsqu'elle préconisait de "démarier" les couples homosexuels.





"Nous n'allons pas faire du ping-pong politicien". Le match de l'Ile-de-France sera-t-il celui de la "bourgeoise" de Versailles contre le "parrain" du 9-3 ? "Chaque campagne offre son lot de caricatures", balaie Geoffroy Didier, l'un des porte-parole de Valérie Pécresse. "Nous n'allons pas faire du ping-pong politicien face aux tentatives de déstabilisation qui auront forcément lieu", assure-t-il. "Nous voulons parler aux Franciliens et nous demandons une campagne projet contre projet".

A gauche aussi, c'est juré, on ne veut parler que du fond. "Ça ne sera pas une campagne de boules puantes", insiste Luc Carvounas. "Quand on s'en tient à l'écume des choses, c'est qu'on n'a pas grand-chose à dire. Valérie Pécresse, elle propose quoi, à part nettoyer la Seine-Saint-Denis ?", cingle-t-il.

L'éthique, un sujet de campagne. Preuve qu'elle compte bien croiser le fer sur le sujet de l'exemplarité en politique, la députée des Yvelines a présenté la semaine dernière une charte d'éthique destinée aux élus de la région, qu'elle a proposé à tous ses adversaires. Côté socialiste, sans surprise, on a dit "niet". "Comment peut-on se prévaloir d'une charte d'éthique avec un tel directeur de campagne ?", grince-t-on dans le camp Bartolone, où l'on rappelle que l'intéressé, l'ancien préfet Patrick Stefanini, a écopé de dix mois de prison avec sursis en 2004, au côté d'Alain Juppé, dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Les vieux dossiers, toujours.

Les deux camps savent donc que la campagne sera longue. Côté Pécresse, on estime avoir l'avantage face à une candidature jugée "improvisée" de Claude Bartolone. "Valérie Pécresse a longuement mûri cette campagne. C'est elle qui impose le rythme", martèle Geoffroy Didier. Côté Bartolone, on compte bien sur le profil consensuel du candidat pour ratisser large à gauche. Et tenter de limiter la casse lors d'un scrutin régional qui s'annonce douloureux pour l'exécutif.