Barça-Juve : Valls a-t-il commis une "faute" en se rendant à Berlin ?

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David Doukhan avec , modifié à
Le Premier ministre, supporteur de Barcelone, a fait l'aller-retour en Falcon samedi soir à Berlin, pour la finale de la Ligue des champions.

C'était purement professionnel, se défend Matignon. Le déplacement de Manuel Valls en Allemagne, pour assister à la finale de la Ligue des champions de football, continue pourtant de faire des vagues. Le Premier ministre, fervent supporteur du FC Barcelone, a pu assister à la victoire de son club de cœur samedi soir, dans le stade olympique de Berlin. Le tout grâce à un aller-retour dans la soirée effectué en Falcon 7X, facturé près de 20.000 euros à l'Etat par "l'Escadron de transport 60", la branche de l'armée de l'air qui prend en charge les déplacements officiels.  

Un "petit caprice footballistique". "Il y a une forme d'indécence", a ainsi taclé le député Thierry Solère dimanche sur Europe 1. "C'est une faute politique et une faute morale. L'argent public, il est précieux dans cette période de crise et on doit veiller à tous les symboles et c'est un très mauvais signal envoyé", a enchaîné l'élu des Hauts-de-Seine (Les Républicains, ex-UMP). Pour Claude Guéant, invité de BFM Politique, "ce qui est condamnable c'est l'utilisation des moyens de l'Etat pour aller voir un match de football et en revenir". Florian Philippot (FN) qui a également qualifié ce déplacement, dans un tweet, de "petit caprice footballistique de Valls pour deux équipes étrangères", a rebondi sur le sujet au micro d'Europe 1 : "la vraie question est : qui paie?", a-t-il demandé. "J'espère que ce n'est pas le contribuable français", a-t-il encore insisté.

Une visite vraiment officielle… De fait, c'est bien le contribuable qui paie. Comme à chaque déplacement du Premier ministre, "l'Escadron de transport 60", qui assure sa sécurité facture ses tarifs à l'Etat. Et un déplacement en Falcon 7X coûte un peu moins de 5.000 euros de l'heure. D'un point de vue juridique, la visite ne pose aucun problème. Le Premier ministre est libre de se déplacer où bon lui semble. Et tous ses déplacements, même s'ils sont faits pour le loisir, doivent se faire sous haute protection, ce qui l'empêche de prendre le train : la France est en guerre sur plusieurs fronts et la menace terroriste est encore pesante.

En outre, il y avait bien une raison officielle à ce voyage. Manuel Valls répondait à une invitation de Michel Platini, le président de l'UEFA, pour parler de l'Euro 2016 qui se tiendra en France. Une réunion à bien eu lieu avant le match, puis les deux hommes se sont ensuite rendus ensemble dans les gradins du stade olympique. "Si le Premier ministre se déplace là bas, il se déplace comme Premier ministre, à l'invitation des organisateurs de l'Euro 2016, qui sera un grand moment d'investissement, un grand moment de croissance", tentait de justifier le ministre des Finances, Michel Sapin, dimanche dans l'émission Tous politiques sur France Inter/France 3/Le Parisien Aujourd'hui en France.

… mais qui fait vraiment tache. Le hic ? Selon nos informations, cette visite n'était pas prévue à l'agenda du Premier ministre. Manuel Valls devait, à l'origine, passer le weekend à Poitiers, avec les militants socialistes, lors du Congrès du PS. Un déplacement qui aurait coûté moins cher à l'Etat : tout déplacement partisan d'un ministre est en effet pris en charge par le parti. Jean-Christophe Cambadélis se serait d'ailleurs bien passé de ce "caprice footballistique". Le Premier secrétaire du PS a bien essayé de dissuader le Premier ministre d'aller à Berlin, mais sans succès. 

>> Pour Eric Woerth, invité lundi d'Europe 1, "Monsieur Valls doit assumer" plutôt que de "faire la danse du ventre pour tenter d'expliquer" :


Woerth : "Montebourg est le symbole de l'échec...par Europe1fr