Ayrault : "ce sera difficile, mais nous réussirons"

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Ayrault : "ce sera difficile, mais nous réussirons"
Ayrault maintient le cap de la politique économique et fiscale du gouvernement@ REUTERS
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Annonces, phrases cultes et petits ratés: ce qu'il fallait retenir du discours de Jean-Marc Ayrault.

"Je veux dire la vérité, je veux dire ce que nous ferons, je veux que les Françaises et les Français puissent être juges de ce que nous faisons". Tradition républicaine oblige, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a tenu mardi, devant les 577 députés fraîchement élus de l'Assemblée, son discours de politique générale, avant d'engager la responsabilité de son gouvernement. Conscient de la dette "écrasante", Jean-Marc Ayrault a détaillé les prochaines mesures du gouvernement, confirmé la prochaine réforme fiscale, tout en récusant les termes d'austérité budgétaire. Annonces, phrases cultes et petits ratés : voici ce qu'il fallait retenir de cette allocation. 

• L'esprit du discours : "Ce sera difficile, mais nous réussirons"

 Dans un climat chahuté - les députés de l'opposition ayant même quitté l'hémicycle à la fin du discours -, Jean-Marc Ayrault a exhorté le peuple français à "la mobilisation", face à "une crise sans précédent" qui "menace notre modèle social et républicain". Assurant qu'il n'était "pas trop tard pour agir et réussir", il a expliqué qu'il n'était "pas venu lancer un débat sur l'héritage". Puis le Premier ministre a enfoncé le clou, promettant : "Nous ne trouverons pas des excuses, mais des solutions".





LES ANNONCES 

• Un leitmotiv : la "justice" fiscale

Revenant sans cesse sur les questions de crise et de déficits publics, Jean-Marc Ayrault a confirmé l'objectif d'un retour à l'équilibre budgétaire en 2017, passant par une réduction du déficit public à 4,5% du PIB cette année. "Oui, la maîtrise des dépenses publiques est indispensable. Mais elle ne sera pas suffisante. De nouvelles recettes fiscales seront mobilisées", a ensuite concédé le Premier ministre, précisant que le gouvernement entendait "solliciter d'abord ceux qui jusqu'ici ont été exonérés de l'effort collectif", visant les "contribuables aisés" et les "grandes entreprises". Le "collectif budgétaire" qui sera examiné mercredi en conseil des ministres "reviendra ainsi sur l'allègement incompréhensible de l'ISF et des droits sur les grosses successions et le bouclier fiscal". Toutefois, "les classes populaires et les classes moyennes seront épargnées, puisque sera abrogée la hausse de la TVA (la TVA sociale, ndlr) programmée pour octobre par le précédent gouvernement, tandis que la TVA sur le livre et le spectacle vivant repassera à 5,5%", a-t-il réaffirmé.

• L'agenda du changement

Sans faire dans le catalogue de réformes, le Premier ministre se devait également de dévoiler quelques mesures phares dans son discours. C'est chose faite avec l'annonce de l'ouverture, ce jeudi 5 juillet, d'une consultation sur "la refondation de l'école", une priorité du quinquennat. Autres mesures annoncées par Jean-Marc Ayrault : la création "d'une part de proportionnelle" pour les législatives au prochain scrutin, le droit de vote des étrangers aux élections municipales, le droit au mariage et à l'adoption pour les couples homosexuels, une réforme de l'audiovisuel public, la création de 150.000 "emplois d'avenir", un plan d'aide pour l'automobile. Des mesures déjà présentes dans le programme de François Hollande. Au final, une des rares informations inédites fût que l'Etat tablait désormais sur une croissance du PIB de 0,3% en 2012 et de 1,2% en 2013 contre 0,5% et 1,7% prévus dans le programme de Hollande.

LA RHÉTORIQUE

• Une phrase (déjà) culte

  Jean-Marc Ayrault s'est peu livré, dans son discours, à des envolées lyriques. Mais une de ses phrases - "Aucune agence ne notera jamais notre rêve" - fait déjà les délices des réseaux sociaux. 

• Une référence à... Dominique de Villepin

"La France est un vieux pays, d’un vieux continent, mais c’est aussi un pays neuf, moderne, à la créativité intacte". Le Premier ministre, dont le discours fût pauvre en références a, contre toutes attentes, repris les termes du célèbre discours de Dominique de Villepin, en février 2005 devant les Nations Unis : "Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien..."

• Une brève suspension de séance

Le Premier ministre a dû brièvement interrompre sa déclaration, après le malaise en plein hémicycle d'un député PS. Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a ordonné la reprise de la séance, à l'issue de quelques minutes de suspension et après avoir demandé aux photographes de ne pas prendre de clichés de la scène. Le député en question, Patrick Vignal, 54 ans, élu pour la première fois lors des élections législatives de juin, a alors pu sorti de l'hémicycle accompagné de Bernard Debré, chirurgien et député UMP de Paris.







>> DOC - Les 22 pages du discours de Ayrault