Paris Plages : "Tel Aviv sur Seine" fait des vagues

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Paris Plages : "Tel Aviv sur Seine" fait des vagues
@ MIGUEL MEDINA/AFP
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POLEMIQUE - La décision de la maire de Paris d'organiser une journée spéciale à Paris Plages en l'honneur de Tel Aviv a provoqué l'indignation de certains politiques.

Ce qui n'était qu'un évènement visant à animer l'édition 2015 de Paris Plages est en passe de devenir une polémique politique. La décision de la mairie d'organiser une journée "Tel Aviv sur Seine" le 13 août, dans le cadre de Paris Plages, a provoqué l'indignation d'une élue parisienne du Parti de Gauche. Depuis, les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux.

Une journée spéciale Tel Aviv. Comme chaque année, la mairie de Paris "évènementialise" certaines journées pour susciter l'intérêt des Franciliens et des touristes. Cette année, le programme de Paris Plages prévoit le 13 août une journée "Tel Aviv sur Seine". "Dans le cadre de ses partenariats culturels avec les grandes villes du monde, Paris Plages mettra Tel Aviv à l'honneur l'espace d'une journée : au programme foodtrucks, DJ set, animations ludiques et gratuites", décrit le site internet de l'animation.

Un évènement rattrapé par l'actualité au Proche-Orient. Tel Aviv a beau être une cité balnéaire dont l'atmosphère colle bien à Paris Plages, elle est située en Israël, ce qui n'a pas manqué d'attiser les tensions et les déclarations acerbes. D'abord en raison du conflit israélo-palestinien, vécu de manière épidermique par de nombreux Français, ensuite à cause de l'actualité de ces dernières semaines. Le 31 juillet dernier, un incendie attribué à des colons israéliens a en effet provoqué la mort d'un père de famille et d'un de ses enfants, âgé de 18 mois, remettant sous les feux des projecteurs le phénomène de colonisation appuyé par le gouvernement Netanyahou et l’extrémisme de certains Juifs ultraorthodoxes.

"Tel Aviv sur Seine" jugé indécent. Dans ce contexte, les réactions n'ont pas tardé. La conseillère de Paris Danielle Simonnet, membre du Parti de Gauche, a ouvert le bal en publiant un communiqué dénonçant le "cynisme" de la mairie de Paris. "Le cynisme de l'organisation d'une telle journée dans le cadre de Paris Plages atteint les sommets de l'indécence", affirme Danielle Simonne. Avant de poursuivre : "tout juste une année après les massacres sur la bande de Gaza par l'Etat et l'armée israélienne et alors que le gouvernement israélien intensifie sa politique de colonisation avec les drames que l'on connaît, la Ville de Paris ose organiser 'dans le cadre de ses partenariats culturels avec les grandes villes du monde' une journée mettant à l'honneur Tel Aviv et ses ambiances festives à Paris Plages".

"Aucun échange avec des Israéliens humanistes n'y est prévu, encore moins un débat sur la situation du peuple palestinien", déplore Danielle Simonnet, avant de conclure : "Madame la Maire de Paris, il est encore temps, soit d'annuler cette manifestation soit d'en modifier radicalement la programmation en permettant, avec la diversité associative et citoyenne parisienne des rencontres-débats sur les événements de l'an dernier et la situation actuelle".

Pour la mairie de Paris, les critiques se trompent de cible. Si Anne Hidalgo est restée silencieuse, c'est son premier adjoint Bruno Julliard qui a pris la parole. "Nous refusons les amalgames entre la politique de colonisation brutale du gouvernement israélien et la ville de Tel Aviv qui est une ville progressiste, symbole de paix et de tolérance", a-t-il souligné. "Ceux qui refusent ce partenariat sont les mêmes qui appellent au boycott global d'Israël. Nous, nous ne voulons pas punir une population et des villes qui oeuvrent pour la paix", a-t-il expliqué en faisant "la distinction entre un Etat, sa politique, son gouvernement et de l'autre côté des villes progressistes et leurs maires en opposition avec cette politique".

Rappelant que "ce partenariat s'est construit en mai, lors des voyages de (la maire de Paris) Anne Hidalgo dans des villes israéliennes et palestiniennes", Bruno Julliard a souligné que la capitale française souhaite "renforcer les échanges entre Paris et des villes tant d'Israël que de Palestine". Il a notamment précisé qu'il existe dans ce cadre également "un partenariat très important et efficace avec Bethléem dans le domaine de la gestion des eaux".