Avec Cambadélis, ça défouraille

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Avec Cambadélis, ça défouraille
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ZOOM - Depuis qu’il a perdu la bataille du Parti socialiste, le député de Paris flingue à tout va.

"Je suis déçu mais pas défait". Voilà les mots de Jean-Christophe Cambadélis au soir de sa défaite face à Harlem Désir, en octobre dernier. Depuis, le strausskahnien, secrétaire national en charge de l’international au PS, balance quotidiennement - ou presque -, des piques à l’encontre du patron de la rue de Solferino, sans oublier les ministres ou encore les proches de François Hollande. Il est libre "Camba", et il en joue. Europe1.fr s’est penché dans son rétroviseur.

>> "Le PS n'est pas à la hauteur"

"J'appelle au rassemblement de tous derrière Harlem Désir", disait-il. Depuis six mois, le député de Paris attaque pourtant sans relâche, mais toujours avec subtilité, celui qui dirige le PS "à sa place".

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Le 27 octobre 2012, à l’AFP. "Nous sommes entrés dans une situation difficile sur le plan économique et social. Maintenant, il faut rendre coup sur coup. Le temps de la contre-attaque est venu. Ça a un peu tardé. On est restés un peu sur nos lauriers de la victoire présidentielle et législative."

Le 12 novembre 2012 dans le Journal du Dimanche, à propos de la contestation autour du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. "Nul n'ignorait le nom du Premier ministre et ses engagements sur ce dossier. Il n'y a pas de surprise. Mais Notre-Dame-des-Landes est un symptôme, il y a une faiblesse du point de vue du dialogue à gauche", ajoute-t-il, estimant qu'il y a "urgence" à mettre en place "un comité de liaison de la gauche et des écologistes".

Le 17 décembre 2012, sur Europe 1, à propos de la fronde d’une quinzaine d’élus PS, qui demandent à François Hollande de "ne pas sacrifier l’urgence sociale ni le pouvoir d’achat". "Je comprends les états d’âme mais est-ce que c’est le moment de les étaler ? Cela suffit les attaques multiples et de tout côté contre le président. Je déplore qu’il n’y ait pas de voix qui monte au créneau pour défendre la politique qui est menée".


Le 8 février 2013, sur LCP. "J’étais un peu consterné de l’argumentation (de ses opposants qui soutenaient Désir pour la tête du PS, Ndlr). Qu’on soit contre moi, c’est possible.  Mais l’argumentation, c’était que quelque part que j’incarnerais trop le Parti socialiste, je lui donnerais trop d’indépendance, et qu’il fallait accompagner le président  et l’expérience socialiste.  Et moi, j’ai une grande gueule, j’allais m’exprimer et peut-être, en fonction de mon passé, ils pensaient que j’allais confisquer le parti."

Lundi 11 mars 2013, sur Canal +.  "Je trouve que le parti socialiste, la communauté socialiste n'est pas à la hauteur du combat à engager pour donner du sens. La bataille du sens, aujourd'hui, est nécessaire à mener par les socialistes, sinon personne d'autre ne la mènera".

>> "Les ministres vont finir par perdre le ballon"

Bon camarade avide de donner des conseils, ou aigri de ne pas avoir obtenu lui aussi un ministère ? Depuis que la gauche est revenue au pouvoir, Jean-Christophe Cambadélis est (presque) devenu un commentateur de la vie gouvernementale. Et autant dire qu’il distribue peu de bons points…

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Le 3 janvier 2013, sur i-Télé, à propos de la rumeur d’une entrée de Ségolène Royal au gouvernement. "Je ne crois pas à une personnalité qui viendrait modifier l'image d'un gouvernement (…) Ségolène Royal peut être utile, c'est évident, mais ce n'est pas elle qui modifiera ni le centre de gravité, ni la crédibilité de ce gouvernement, qui en a déjà beaucoup"

Le 22 janvier 2013, sur Radio Classique et Public Sénat. "Vincent Peillon est passionné par l'Education Nationale, il n'a pas toujours le doigté nécessaire pour faire aboutir ce qui est nécessaire." Qu'aurait dû faire le ministre de l'Education? "Il fallait lier le nombre de postes, la revalorisation à la réforme, et pas la réforme avant le nombre de postes et la revalorisation", selon lui.

Dominique Bertinotti, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée de la Famille

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Le 4 février 2013, sur LCI. "La PMA, ce n'est pas maintenant et ce n'est pas le moment, c'est un débat qui aura lieu en son temps". Comme on lui fait observer que Dominique Bertinotti, la ministre déléguée à la Famille, a évoqué un projet de loi famille incluant la PMA arrivant en mars, la réplique tombe : "la ministre de la Famille a dit ce qu'elle voulait dire, mais ce n'est pas la philosophie du gouvernement et de l'ensemble des parlementaires socialistes qui ont décidé ensemble que sur ce débat, il y aurait simplement le mariage et l'adoption".

Le 5 février 2013, dans Le Figaro. "À force de jouer perso, les ministres vont finir par perdre le ballon. Ce ne sont plus des couacs, ça finit par être une belle cacophonie. Cela nuit à la lisibilité de l'action gouvernementale (…) il y a un sérieux besoin de recadrage".

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© MaxPPP

Le 8 février 2013, sur LCP. "C’est une grande réforme que défend Peillon. Mais il la réduit à la question du temps et des horaires dans l’école. Sa réforme est plus large. Quelque chose qu’il n’intègre pas, c’est cette psychologie de l’instit et du prof par rapport à l’école."

Le 12 février 2013, sur Radio Classique et Public Sénat. "Le problème de François Hollande, c'est moins Hollande que les hollandais", faisant référence à Jean-Yves Le Drian (Défense) et Stéphane Le Foll (Agriculture). "J'étais sidéré de voir hier les ministres annoncer sur un ton un peu comminatoire ce que devrait être la conférence de presse du président de la République". "A force de situations comme cela, (...) on mine son autorité", a-t-il ajouté. "Comme ce sont des amis du président de la République, je ne pense pas qu'ils veulent le flinguer, mais ils ont vis-à-vis" de lui "une attitude qui ne correspond pas à ce qui est nécessaire aujourd'hui".



Jean-Christophe Cambadélis : « Le problème de...par publicsenat

Le 11 mars 2013, sur Canal + : "Lurel a fait une boulette"

>> A LIRE AUSSI : la droite est "choquée" par Lurel

>> "Hollande parle trop"

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Dur dur de taper sur le chef… Mais quand ce même chef a pesé de tout son poids pour faire gagner votre adversaire, la rancune peut-être tenace. Alors s’il est moins affable quand il s’agit de critiquer l’action de François Hollande que celle des ministres, le vice-président du Parti socialiste européen a tout de même quelques munitions en stock.

Le 8 février 2013, sur LCP. "Ce n’est pas facile pour lui (Harlem Désir, ndlr). Et ça aurait été difficile pour moi. Pourquoi ? Parce que vous avez le président de la République qui parle, et qui parle beaucoup."

Lundi 11 février 2013, sur Canal +. François Hollande est certes "à la hauteur" mais ne peut pas "être tous les jours sur les plateaux" pour "se substituer aux dirigeants socialistes". "Il parle sans relâche, parfois on peut dire qu’il parle trop. Dès qu’il est en sortie, on lui tend le micro et il répond".

Le 8 février 2013, sur LCP. "Il y a une grande différence entre François Mitterrand et François Hollande. François Mitterrand avait mis le PS au centre. Tous les mardis matin, avec Lionel Jospin, Laurent Fabius quand il était Premier ministre, Pierre Mauroy auparavant, François Mitterrand cadrait l’action gouvernementale et l’action du parti socialiste. Et là, c’est le mardi, François Hollande n’est pas là."