Aubry tance encore la "gauche molle"

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Aubry tance encore la "gauche molle"
Martine Aubry et Ségolène Royal se sont laissées aller à quelques critiques vis-à-vis de François Hollande, le grand favori des sondages.@ MAXPPP
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Royal, Hollande et Aubry ont tenu jeudi leur ultime meeting avant le premier tour de la primaire.

 Jeudi soir, quasi-simultanément, les trois favoris des sondages à la primaire socialiste ont tenu leur denier meeting avant le premier tour de ce scrutin inédit en France, dimanche. Et l’échéance approchant, l’unité revendiquée du PS a connu quelques fêlures. Si François Hollande, fidèle à la posture qu’il a adoptée depuis le début de la campagne, au-dessus de la mêlée, s’est bien gardé d’évoquer ses rivales, Martine Aubry et Ségolène Royal se sont permis quelques piques.

"Gauche molle"

C’est surtout vrai pour la première secrétaire du Parti socialiste, actuellement en retrait de son poste pour des raisons d’équité du débat. Sans le nommer, Martine Aubry a clairement égratigné François Hollande, qui caracole en tête des intentions de vote, sondage après sondage. "Nous ne combattrons pas une crise dure et une droite dure avec une gauche molle", a lancé la maire de Lille devant 3.000 partisans réunis au gymnase Japy, à Paris.

"Il ne suffira pas de rajouter des enseignants aux enseignants", a-t-elle aussi jugé, en référence à la proposition de son adversaire d’engager 60.000 enseignants en cinq ans s’il est élu. Et c’est enfin sur le non-cumul des mandats, une règle pour laquelle François Hollande n’a jamais montré un fol enthousiasme, que le député de Corrèze a été attaqué. "La fin du cumul des mandats, c’est en 2012, pas à la Saint Glin-glin", a prévenu Martine Aubry.

Martine Aubry ne s’est toutefois pas épargnée. "Je sais, j'ai du caractère, du mauvais caractère, me dit-on parfois, ça dépend avec qui : pour dompter les banquiers, résister aux financiers, affronter les groupes d'intérêt, je vous assure qu'il va en falloir du caractère !", a lancé sous les applaudissements la maire de Lille, qui était entourée de Bertrand Delanoë, Martine, d’Elisabeth Guigou, de Jean-Paul Huchon ou encore de Benoît Hamon pour les politiques, ou du généticien Axel Kahn et l'actrice Virginie Ledoyen pour les personnalités.

"Attention à l’arrogance et au mépris"

Ségolène Royal n’a elle pas critiqué son ancien compagnon devant les quelque 1.000 personnes qui, écharpes rouges autour du cou pour la plupart, avaient pris place au Bataclan. C’est avant, lors d’une interview donnée à BFM-TV depuis la salle parisienne, qu’elle a vertement réagi à l’assurance de Pierre Moscovici, soutien de François Hollande, qui avait estimé le veille sur Twitter que "les jeux (étaient) faits". "Il faut faire attention à l’arrogance et au mépris à l’égard des citoyens qui ont besoin de votre en toute liberté", a lâché la présidente de Poitou-Charentes.

A la tribune, Ségolène Royal, qui n’avait pas mâché ses mots au sujet de François Hollande dans un documentaire diffusé mardi soir sur Canal Plus, n’a en revanche pas évoqué ses adversaires, préférant mettre en avant son passé de candidate à l’élection présidentielle, en 2007. "Je vous demande de faire en sorte que ce qui s’est levé ne s’arrête pas", a-t-elle lancé, évoquant la "belle histoire" d’il y a quatre ans.

"De la clarté dès le premier tour"

Enfin François Hollande avait lui choisi la province pour son dernier meeting. A Toulouse, il a pu tester son statut de favori. Alors qu’il y a une semaine, dans la même ville, Ségolène Royal avait réuni près de 1.000 personnes, que Martine Aubry avait rassemblé 2.000 sympathisants quinze jours plus tôt, à Toulouse toujours, le député de Corrèze a lui réussi à mobiliser près de 3.000 partisans.

Soutenu par Jean-Pierre Bel, le tout nouveau président du Sénat, le favori des sondages a appelé à voter utile. "Il faudra de la clarté dans votre choix dès le premier tour. Je vous fais confiance. Il faut rassembler en force, dimanche, autour d'un nom, le plus rapidement possible, pour donner plus de force encore à ce rassemblement de la gauche qui viendra ensuite", a lancé François Hollande. "Dimanche, votez ! Faites voter ! Dès dimanche, donnez-moi la force, la légitimité de vous conduire ensuite vers la victoire de la gauche, le 6 mai 2012".