Au premier rassemblement des Patriotes, Marine Le Pen devient l'ennemie à abattre

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Florian Philippot réunissait jeudi une partie de ses sympathisants pour un banquet. L'occasion pour lui de tacler Marine Le Pen et de réaffirmer son attachement à la sortie de l'euro. 

Il a claqué la porte du FN il y a un mois et demi. Florian Philippot a depuis lancé son parti politique, Les Patriotes. Il revendique déjà 5.000 adhérents et organisait jeudi, en Haute-Marne, sa toute première réunion publique après avoir rendu hommage au général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises. Mais ce "banquet patriote" organisé à Daillancourt, et auquel ont assisté un peu plus de 200 personnes, avait surtout des allures de meeting anti-FN.

"Elle l'a exploité pendant des années". Car si Florian Philippot est devenu la vedette, c'est désormais Marine Le Pen qui est l'ennemie. "Cette dame qui se permet de dire que ça n'était même pas un ami… elle l'a exploité pendant des années", s'indigne une militante auprès d'Europe 1. Tous, pourtant, ont voté pour elle il y a six mois à la présidentielle. Mais le départ de Florian Philippot du parti frontiste a servi d'électrochoc. "Il nous a fallu cinq ans pour comprendre que le FN n'est pas un parti démocratique", concède un ancien électeur qui a rallié Florian Philippot. "Tout vient d'en haut, de la famille Le Pen, et si vous n'êtes pas pétainiste, vous n'avez aucun avenir au Front national".

La sortie de l'euro. La colère des militants est palpable. Elle transparaît aussi dans le discours de leur nouveau leader, qui depuis la tribune s'attaque à Marine Le Pen, mais sans jamais la citer. "Je ne vais pas, moi, nous demander d'adapter notre discours en fonction du sondage du jour parce que les Français n'auraient pas compris tel ou tel point", tacle-t-il dans une allusion à peine voilée à la sortie de l'euro, cette ancienne proposition phare du programme frontiste, devenue pomme de discorde après la présidentielle et qui lui a valu de se mettre à dos de nombreux responsables du FN avant d'en claquer la porte. Florian Philippot a voulu réaffirmer son attachement à cette mesure, indispensable selon lui pour la France.

L'ivresse des débuts. Et au milieu de l'enthousiasme, certains ont même osé les comparaisons les plus audacieuses. "Il avait des convictions et n'en variait pas, bravant le politiquement correct et brisant les tabous s'il le fallait. Ce n'est pas le seul point commun que je vois entre le général de Gaulle et Florian", s'est risquée dans sa prise de parole l'eurodéputée Sophie Montel, fidèle de la première heure. De quoi nourrir la ferveur des sympathisants. Encore faudra-t-il l'entretenir ; en politique, la foi des nouveaux convertis a tôt fait de s'étioler.