Attentat déjoué : Péchenard dénonce "une volonté d'appropriation politique"

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Le directeur général du parti Les Républicains a épinglé la communication du gouvernement sur le projet d'attentat visant des installations militaires.
INTERVIEW

François Hollande puis Bernard Cazeneuve ont annoncé mercredi qu'un projet d'attentat contre des installations militaires avait été déjoué. Des déclarations intempestives alors que trois gardes à vue sont toujours en cours, a dénoncé Frédéric Péchenard, directeur général du parti Les Républicains, invité d'Alexandre Kara sur Europe 1 jeudi. "Communiquer sur des affaires en cours, c'est toujours une mauvaise chose", a estimé ce fidèle de Nicolas Sarkozy, ancien directeur général de la police nationale.

"Il faut laisser le temps de l'enquête aux services de police". "J'ai participé à de nombreuses gardes à vue en matière de lutte antiterroriste et vous avez toujours, pendant le temps de la garde à vue, une audition à faire, une perquisition, peut-être d'autres personnes à aller interpeller. Donc il faut laisser le temps de l'enquête aux services de police", a poursuivi Frédéric Péchenard. Pour lui, "cette communication était probablement assez prématurée".

"Je rappelle que la loi en France ne donne l'autorisation de s'exprimer devant les médias qu'au procureur de la République", a insisté Frédéric Péchenard. "Le ministre de l'Intérieur pouvait tout à fait prendre la parole pour indiquer globalement ce qui s'était passé. Après, c'était le rôle du procureur que de rentrer dans les détails s'il estimait que c'était nécessaire".

"Il y a une volonté d'appropriation politique". Frédéric Péchenard a dénoncé "une volonté de communication politique, et non pas uniquement de lutte antiterroriste". "On voit bien que l'unité nationale tant défendue par le Parti socialiste vole en éclats aujourd'hui, puisqu'il y a une volonté d'appropriation politique, probablement pour masquer un certain nombre d'échecs ou de difficultés du gouvernement dans le domaine du chômage ou économique", a affirmé le directeur général des Républicains.

"L'avantage de cette communication, c'est que les Français ont appris qu'un attentat avait été déjoué. C'est quelque chose qui arrive tout le temps", a toutefois poursuivi Frédéric Péchenard. "Nous avons de très bons services de renseignement, qui permettent d'éviter beaucoup d'affaires", a-t-il salué.

>> L'interview en intégralité :