Remaniement : Arnaud Montebourg "reprend sa liberté"

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Remaniement : Arnaud Montebourg "reprend sa liberté"
Le ministre sortant de l'Economie, Arnaud Montebourg, a annoncé lundi qu'il reprenait sa liberté.@ Reuters
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Le ministre démissionnaire a expliqué qu'il croyait "nécessaire de reprendre sa liberté", et que Manuel Valls avait accepté de "la (lui) rendre".

Arnaud Montebourg a présenté sa démission au Premier ministre, a-t-il annoncé lors d'une conférence de presse à Bercy. Après les déclarations fracassantes du ministre de l'Economie, Manuel Valls, avait annoncé lundi matin un remaniement ministériel. Il a accepté de "rendre sa liberté" au ministre démissionnaire. 

"Travailler parmi les Français". Lors de son discours, Arnaud Montebourg a cité un général romain, Cincinnatus, qui "préféra quitter le pouvoir pour retourner à ses champs et à ses charrues. "Je vais, puisque je n'ai pas de mandat (Il est toutefois toujours conseiller général PS du canton de Montret, Saône-et-Loire, nldr), où il a été réélu en 2008.et que je ne m'apprête pas à en solliciter d'autre, m'apprêter à retourner travailler parmi les Français", a déclaré l'ancien ministre de l'Economie, qui a démarré une carrière d'avocat avant de se tourner vers la politique. Contrairement à ce qu'il affirme, il est toujours élu en Saône-et-Loire, où il détient un mandat de conseiller général. Selon l'entourage de l'ex-ministre, ce canton n'existe plus dans la nouvelle carte électorale.

"Je continuerai à défendre là où je serai, où je me trouverai, ce que je crois être juste pour la France", a-t-il ajouté. Sur Europe 1 lundi matin, le désormais ancien ministre de l'Economie disait "ignorer" s'il serait encore ministre le lendemain. Il a maintenant fait son choix.

L'ancien ministre entend par ailleurs continuer à être un ambassadeur du "Made in France", une des grandes causes qu'il a défendues pendant son mandat. 

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Lors de sa conférence de presse, le ministre démissionnaire a par ailleurs persisté dans sa ligne de critique dure de la politique économique du gouvernement auquel il appartenait jusqu'à ce matin. "Oui, il existe un autre chemin" que la politique d'austérité, a-t-il lancé. "Nous avons une responsabilité éminente et collective d'interrompre ce coulage de l'économie par l'austérité", a dit Arnaud Montebourg.  L'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg a estimé lundi que les politiques de réduction des déficits publics étaient "une absurdité financière".

Montebourg salue Filippetti et Hamon. L'ex-ministre de l'Economie a adressé lundi ses "remerciements à Aurélie Filippetti et Benoît Hamon", laissant ainsi entendre que ces deux collègues ne feraient pas partie du futur gouvernement de Manuel Valls, dévoilé mardi. "J'adresse mes remerciements à Aurélie Filippetti et Benoît Hamon", "ils ont fait le choix de leurs convictions, je les embrasse tous deux", a déclaré à la presse Arnaud Montebourg à propos de ses anciens collègues de la Culture et de l'Education nationale. Le futur gouvernement se fera en effet sans Aurélie Filippetti, l'ex-ministre de la Culture ayant déclaré qu'elle ne serait "pas candidate à un nouveau poste ministériel", préférant "la loyauté à ses idéaux" au "devoir de solidarité" gouvernementale, dans une lettre adressée au duo Hollande-Valls. Le sort du ministre de l'Éducation nationale, Benoît Hamon semble en balance : dimanche il s'est affiché aux côtés d'Arnaud Montebourg à la Fête de la Rose, soutenant ses positions et se disant "pas loin des frondeurs".