Aquarius : pour Gérard Larcher, "on n'a pas de leçon à donner" à l'Italie

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Le président du Sénat, invité d'Europe 1, estime que l'Europe a abandonné l'Italie face à la crise migratoire qui a frappé le pays ces dernières années.

INTERVIEW

Alors qu'Emmanuel Macron a dénoncé mardi la décision de Rome de ne pas accueillir, conformément à ses obligations, les migrants de l'Aquarius, Gérard Larcher a voulu rappeler que l'Italie n’avait reçu aucun soutien significatif de la part de l'Europe face à la crise migratoire qui a touché la péninsule ces dernières années. "On n'a pas de leçon à donner à un pays que l'on a laissé tomber pendant trois ans", a estimé mercredi le président du Sénat au micro de la matinale d'Europe 1. "Près de 700.000 migrants. Ils [les Italiens] sont restés seuls. Ça, je ne l'oublie pas", ajoute-t-il.

Une Europe menacée. Si le sénateur reconnaît "un drame humain", et fustige l'attitude du gouvernement italien qui s'est soustrait à l'obligation de secours en mer, il considère cependant que la réaction de Rome s'explique au regard du flux de migrants qu'elle a eu à gérer depuis 2014. "Au fond, l'Europe a détourné les yeux de la réalité italienne. Aujourd'hui, l'Europe peut se déconstruire sur la question migratoire et celle du terrorisme", alerte Gérard Larcher.

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"La non solution de la crise migratoire peut nous faire réveiller un matin italien, slovène, autrichien", avertit encore l'élu des Yvelines face à la montée des populismes sur le continent, tout en faisant implicitement référence au tract polémique publié par Les Républicains, et titré : "Pour que la France reste la France". "Il pose une vraie interrogation, et ce que j'attends, c'est que l'on ait des solutions à proposer", souligne-t-il à propos de ce prospectus.

Intervenir en amont. "Le sujet, c'est d'essayer d'apporter des réponses, et apporter des réponses, c'est habiliter les marines nationales et Frontex [l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, ndlr] à intervenir", plaide encore le républicain. "Il y a eu une baisse de 80% des traversées quand le gouvernement italien est intervenu avec sa marine dans le cadre d'un accord avec la Libye", relève-t-il. "Il faut aussi que les ONG fassent preuve de responsabilité, parce qu'au fond, les passeurs ne vont même plus mettre de bateaux gonflables, dans les conditions que l'on connait, ils vont tout simplement utiliser les ONG", prévient-il. "Je ne dis pas qu'elles sont complices, mais attention à ne pas faire preuve de naïveté vis-à-vis des passeurs", conclut Gérard Larcher.