Amiens : la droite tire à boulets rouges

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Amiens : la droite tire à boulets rouges
L'objectif du chef de l'Etat est donc de répliquer à la droite qui l'accusait déjà d'inertie et d'attentisme sur le dossier syrien.@ Reuters
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REACTIONS - L'UMP critique la politique de sécurité du gouvernement, parlant de "laxisme à tous les étages".

Les Roms, les divergences entre Taubira et Valls sur les centres éducatifs fermés, les "zones prioritaires de sécurité"… Les angles d'attaques de la droite sur la politique de sécurité menée par le gouvernement ne manquent pas. 100 jours après son élection et les nouvelles violences à Amiens dans la nuit de lundi à mardi, François Hollande a donc dû reprendre la main sur ce thème brûlant de l'été.

Selon un sondage Ifop pour Le Figaro publié samedi, seuls 35% des Français font "plutôt confiance" au président de la République et au gouvernement pour "lutter efficacement contre l'insécurité". L'objectif du chef de l'Etat est donc de répliquer à la droite qui l'accusait déjà d'inertie et d'attentisme sur le dossier syrien.

>> Syrie : Fillon interpelle Hollande

"Une réponse très ferme"

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© REUTERS

Après les violents affrontements entre une centaine de jeunes habitants d'Amiens-Nord et des forces de l'ordre qui ont blessé 16 policiers, Thierry Mariani, le chef de file de la Droite populaire a fustigé le laxisme du gouvernement.

"Si cela se confirme que des fonctionnaires chargés de défendre la loi se sont fait tirer dessus à la chevrotine par des voyous, c'est totalement inadmissible, et il est évident que moi j'attends du gouvernement une réponse très ferme", a réclamé le député des Français de l'étranger sur BFM-TV. "Quand je vois par exemple ce qui est en train de se passer à Amiens, je me dis que le message du gouvernement à l'heure actuelle n'est pas très clair", a fustigé Thierry Mariani.

"Le laxisme à tous les étages"

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© EUROPE 1

Sur le plan de la sécurité, "même inquiétude" de Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP et futur candidat à la présidence, qui dénonce un "laxisme à tous les étages", avec une cible favorite de la droite : la garde des Sceaux. "Madame Taubira annonce clairement qu'elle ne construira pas de places de prison" et "qu'elle supprime les tribunaux correctionnels pour les mineurs délinquants multirécidivistes", a-t-il expliqué mardi sur Europe 1.

Dans le viseur de la droite, Christiane Taubira avait indiqué fin juin qu'elle jugeait nécessaire la construction de 6.000 places de prison supplémentaires pour atteindre le seuil de 63.000, un chiffre en-deçà de l'objectif de 80.000 places sous cinq ans voté par l'ancienne majorité.

Dans le camp de François Fillon, l'autre candidat à la présidence de l'UMP, les critiques fusent. Eric Ciotti, son porte parole est monté au créneau et a réclamé davantage de sévérité face aux agressions d'Amiens.  Il faut que "le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, mette tout en œuvre pour mettre un terme immédiat à ces violences inacceptables et intolérables sur le territoire de notre République".

"Les délinquants ont reçu le bon signal"

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© Maxppp

Lionnel Luca, député UMP et membre de la Droite populaire, n'hésite pas lui à faire le lien entre les violences et l'attitude de l'exécutif. "Les premières semaines du nouveau gouvernement, avec ce laxisme judiciaire annoncé (...) provoquent les flambées de violence que l'on a et un déchaînement. Les délinquants ont reçu le bon signal qu'il fallait en sachant qu'ils étaient dans l'impunité", a-t-il lancé sur France Inter.

Pour Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, ces actes traduisent "l'autorité de l'Etat" (…) "bafouée". "Quand 16 policiers sont blessés, quand les dégâts sont estimés à plus de 1 million d'euros, il faut prendre la pleine mesure de la situation (...) Un délinquant est un délinquant et doit être traité comme tel", a-t-il martelé.