"Allégeance aux armes" : l'UMP divisée

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"Allégeance aux armes" : l'UMP divisée
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Partisan du serment mais pas de la formule, Jean-François Copé illustre la gêne de son parti.

La trentaine de propositions effectuées mardi par l'UMP lors d'une convention sur la Défense ne sont pas passées inaperçues, en cette période de pré-campagne. Une d'entre elles fait surtout parler, celle sur l'"allégeance aux armes".

Le parti présidentiel souhaiterait en effet que des Français jeunes ou naturalisés fassent "allégeance aux armes" du pays, comme l'a expliqué à Europe 1 Hervé Mariton, conseiller politique de l'UMP chargé des questions de défense. "On demande à chaque jeune Français, au moment de la journée de citoyenneté, ou au moment où il devient français par naturalisation de dire, si d'aventure les circonstances le commandent, 'je suis prêt à servir mon pays'", explique-t-il.

L'explication de texte de Copé

Mais l'idée divise au sein même de la majorité. A tel point que Jean-François Copé a dû s'adonner au difficile exercice de l'explication de texte pour désamorcer la polémique. Sur LCI, le numéro un de l'UMP a précisé qu'il s'agissait d'un "document de travail sur lequel nous avançons". "Peu importe le terme... Je peux comprendre que celui 'd'allégeance' ne plaise pas. On peut parler d'engagement de loyauté, d'engagement solennel ou d'engagement tout court", a ensuite tempéré le secrétaire général du parti majoritaire mercredi lors de son point presse hebdomadaire.

Le député-maire de Meaux a ensuite contre-attaqué. "Je trouve scandaleux et indigne que le seul fait de parler de l'amour de la patrie puisse être considéré par certains commentateurs comme politiquement incorrect au point (qu'ils) osent faire le parallèle avec Vichy, l'une des pages les plus honteuses de notre histoire", a-t-il lancé. "Il ne vous a pas échappé que Mme Le Pen s'est jointe à la gauche et que la gauche s'est jointe à Mme Le Pen pour critiquer nos propositions. Comprenne qui pourra..."

Une idée qui "gêne" aux entournures"

N'empêche, même à droite, le scepticisme guette. Chez Gérard Longuet, par exemple. Le ministre de la Défense s'est dit "un peu" gêné. "L'idée est bonne, mais il faut travailler la sémantique", a-t-il déclaré à des journalistes. Même son de cloche du côté du ministre de l'Education, Luc Chatel, qui a affirmé que la formulation d'"allégeance" aux armes" n'était "pas appropriée", mardi matin sur Europe 1.

Hervé Mariton a reconnu d'ailleurs lui-même que "le mot allégeance est un peu fort".

"Le mot allégeance est peut-être un peu fort" :

Arno Klarfeld cite le Maréchal Pétain

Mais la critique la plus dure est venue, à droite, d'Arno Klarsfeld. "C'est mauvais et dangereux, et il ne faut pas que certains députés de l'UMP essaient de copier sur les copies de leurs voisins d'extrême droite", a déclaré le nouveau président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) sur France Inter. Avant de rappeler que "le dernier serment d'allégeance qui a été fait en France, ça été au Maréchal Pétain, et tout le monde se souvient du bras levé de Bousquet, et peut-être même de Mitterrand devant le Maréchal Pétain". Réponse de Copé : "s'il a fait ce lien, je ne suis pas sûr que ce soit quelque chose qui l'honore".