Alain Juppé confirme qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle

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Alain Juppé confirme qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle
Alain Juppé a confirmé lundi matin qu'il ne se présenterait pas à la présidence de la République.@ MEHDI FEDOUACH / AFP
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Le maire de Bordeaux a pris la parole à 10h30 ce lundi pour annoncer qu'il ne serait pas candidat à la présidence de la République.

L'ESSENTIEL

Clap de fin. Alain Juppé ne sera pas candidat à la présidence de la République. Alors que François Fillon, menacé par une possible mise en examen et lâché par de nombreux responsables Les Républicains, a confirmé dimanche sa volonté de conduire jusqu’au bout la bataille de l’Elysée, plusieurs responsable de droite en appellent à un plan B. Ce ne sera donc pas Alain Juppé, qui, depuis Bordeaux lundi matin, a confirmé qu'il ne comptait pas se présenter à l'élection présidentielle à la place du Sarthois.

Les trois informations à retenir :

  • Alain Juppé refuse de se présenter à l'élection présidentielle à la place de François Fillon

  • Nicolas Sarkozy a proposé une rencontre à trois avec François Fillon et Alain Juppé

  • Le comité politique des Républicains se réunit lundi soir pour "évaluer la situation"

Alain Juppé dévoile ses intentions. Poussé par de nombreux responsables de droite à reprendre le flambeau de sa famille politique pour la présidentielle, Alain Juppé sort de son silence lundi. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac s'est montré très clair : "Je ne serai pas candidat à la présidence de la République", a-t-il annoncé "une bonne fois pour toutes". "J'ai reçu de très nombreux appels. J'ai hésité, ils m'ont fait réfléchir", a-t-il détaillé. Ses proches avaient fait savoir ces derniers jours qu’il ne se "défilera[it] pas", à la condition que François Fillon renonce de lui-même à briguer l’investiture suprême.

"Quel gâchis !". "Je ne suis pas en mesure de rassembler", a estimé celui qui a été défait face à François Fillon en novembre. "Pour moi, il est trop tard", a-t-il constaté dans un discours aux accents lugubres. L’ex-chef du gouvernement a également fustigé "l'obstination" de François Fillon qui "avait un boulevard devant lui". "Quel gâchis !", s’est-il exclamé. "Le déclenchement des investigations de la justice et son système de défense fondé sur un prétendu complot l’ont conduit dans une impasse", a durement critiqué Alain Juppé pour qui, "comme l’a montré la manifestation d‘hier [dimanche] au Trocadéro, le noyau des sympathisants LR s’est radicalisé".

Nicolas Sarkozy sort de son silence. Selon des informations d’Europe 1, Nicolas Sarkozy est sorti de sa réserve pour inviter François Fillon et Alain Juppé à une rencontre. Mais c'était avant la prise de parole d'Alain Juppé. Les appels au dialogue se multiplient chez les élus de droite : Thierry Solère, ancien porte-parole de François Fillon, et Patrick Stefanini, son directeur de campagne qui a remis sa démission dimanche soir, demandent notamment aux responsables du parti de se retrouver pour "parler" et trouver une porte de sortie. "J’ai relevé que François Fillon, en petit comité, s'est interrogé", a indiqué Patrick Stefanini sur Europe 1. Pour l’ancien directeur de campagne, François Fillon se maintiendra tant qu’il estimera être dans la meilleure position pour faire gagner sa famille politique.

Une réunion en urgence. Le parti Les Républicains a également annoncé la convocation de son comité politique lundi soir, 24 heures en avance, "pour évaluer la situation", alors que les défections autour de François Fillon se sont accélérées ces derniers jours. Mais ce dernier a réaffirmé dimanche soir sur France 2 que personne d'autre que lui ne pouvait prendre la décision de se retirer. 

François Fillon dévisse dans les sondages. Malgré les révélations du Canard enchaîné sur une affaire d’emplois présumés fictifs et d’éventuelles poursuites judiciaires, François Fillon a réussi à se maintenir dans les enquêtes d’opinion autour de 20% des intentions de vote pour la présidentielle, se plaçant derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Néanmoins, un dernier sondage Kantar Sofres OnePoint pour LCI et Le Figaro, publié dimanche soir, ne lui accordait plus que 17% des voix. "Un écart qui me parait extraordinairement difficile à remonter", a souligné Patrick Stefanini sur Europe 1.