Affaire Laëtitia : des "défaillances pénales"

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Affaire Laëtitia : des "défaillances pénales"
@ Maxppp
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Le gouvernement a annoncé des mesures lundi après la disparition de la jeune fille.

Il y a bien eu une "défaillance de la chaîne pénale". Réunis plus de dix jours après la disparition de Laëtitia, jeune fille qui aurait été victime d'un délinquant récidiviste, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, et le garde des Sceaux, Michel Mercier, ont annoncé lundi à l'issue de la réunion à l'Elysée, la création d'un "office de suivi des délinquants sexuels et violents".

Cet office opérationnel de suivi des délinquants sexuels et violents sera créé, d'ici le 15 février" afin de "décloisonner les actions des représentants de l'autorité judiciaire, des forces de sécurité, de l'administration pénitentiaire et des services de santé", ont annoncé les deux ministres dans un communiqué commun.

Le mauvais suivi de Tony Meilhon

Principales défaillances listées du côté du ministère de l'Intérieur, les sept plaintes déposées contre Tony Meilhon depuis sa sortie de prison, notamment celles pour viols en décembre dernier qui n'ont pas été traitées correctement. Le ministre de la justice, Michel Mercier, parle lui du mauvais suivi de Tony Meilhon depuis sa sortie de prison. Le garde des Sceaux pointe l'absence de suivi judiciaire malgré son casier, qui contient près d'une dizaine de condamnations.

"Même si les gens avaient trop de dossiers et qu'ils doivent faire des choix, ça je peux le comprendre, on ne choisit pas en fonction de l'infraction commise. Là, la mise à l'épreuve de Tony Meilhon, la dernière condamnation, c'était l'outrage à magistrats. On choisit en fonction du délinquant. Je reproche le critère", poursuit le ministre au micro d'Europe 1. "Tony Meilhon fait l'objet de 13 condamnations. Ce n'était pas quelqu'un qui était inconnu de tous les services. C'est la raison pour laquelle, il y aura des moyens supplémentaires dégagés pour les services de probation".

En plus des moyens annoncés, d'autres axes seront travaillés par les deux ministres dont le développement des bracelets électroniques mobiles pour les délinquants sexuels à leur sortie de prison. Il y en a seulement 43 en France. Enfin, les délais d'alerte entre les différents services devraient être écourtés.

Un nouvel effet d'annonce ?

Du côté des syndicats, on se félicite de la création d'un nouvel office, mais le doute subsiste sur les moyens de sa mise en oeuvre. "C'est une excellente chose de vouloir la coordination entre les différents services, mais ça ne passera pas si on n'y met pas les moyens suffisants", estime au micro d'Europe 1, Patricia Boissonnot, secrétaire régionale pour le grand Ouest du Syndicat de Travailleurs pénitentiaires SNEPAP-FSU.

Patricia Boissonnot redoute un nouvel effet d'annonce. "Depuis 2008, on doit être à la cinquième loi, et on attend toujours les moyens pour les lois qui sont passées", regrette-t-elle.

Sarkozy suivra le dossier

Sur le fond du dossier, Nicolas Sarkozy de son côté a assuré lundi à la famille d'accueil de Laëtitia, qu'il a reçue à l'Elysée, qu'il suivrait "personnellement" le dossier et sanctionnerait les "défaillances" de la procédure.