Affaire DSK : peut-être "jamais de procès"
Me Jean-Pierre Mignard © EUROPE 1

L’avocat français Me Mignard estime, mardi, que des négociations sont encore très probables.

Dans l'affaire DSK, "il n'y a aucune raison objective qui permet aujourd'hui de penser qu'on ira plus vers un procès que vers une transaction finale. Il est tout à fait possible - à un moment donné - que les avocats de la plaignante négocient avec ceux de Dominique Strauss-Kahn", a analysé, mardi matin sur Europe 1, Me Jean-Pierre Mignard, avocat et membre de la Haute autorité chargée, au sein du PS, de veiller à leur bonne tenue de la primaire.

"Une zone grise"

Dominique Strauss-Kahn a plaidé lundi devant un tribunal de New York "non coupable" d'avoir tenté de violer une femme de chambre, une décision attendue ouvrant normalement la voie à un procès qui l'opposera à sa victime présumée.

Mais, dans le système américain, des négociations entre les deux parties restent encore possibles à tout moment. "Dans ces cas-là, le parquet peut abandonner l'accusation première et descendre très en bas dans la hiérarchie des incriminations", a précisé Me Jean-Pierre Mignard. "Qu’au lieu de cet acte sexuel criminel, on arrive à autre chose qui permette, par exemple, d’éviter la prison".


"Nous sommes souvent de ce type de faits, dans des zones grises qui effectivement ne vont pas satisfaire celles et ceux qui veulent des vérités absolues. Parce que la vérité judiciaire, ce n’est pas la vérité tout court et ce n’est pas la vérité philosophique", a-t-il encore détaillé, avant d’insister : "et on peut rester - malheureusement pour tout le monde - dans une zone grise".

Parole contre parole

Faute de témoin, le procès de Dominique Strauss-Kahn repose sur un duel parole contre parole entre l'ancien directeur du FMI et son accusatrice, une jeune guinéenne de 32 ans. Les conseils de DSK peuvent par exemple écorner le témoignage de l'accusatrice en quelques questions pièges, qui sèmeront le doute dans l'esprit d'au moins un juré, alors que l'unanimité est requise pour prononcer un verdict.

A l'inverse, le procureur peut évoquer à son gré les frasques passées de l'homme politique français, alors que d'autres accusations de viol se sont fait jour à l'occasion de cette affaire, même si elles n'ont pas donné lieu à des poursuites officielles.

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