Abandon de NDDL : "une capitulation devant la violence", estime Bruno Retailleau

  • A
  • A
Partagez sur :

Bruno Retailleau, conseiller régional des Pays-de-Loire, qui a toujours plaidé pour la construction d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, a accueilli la décision du gouvernement avec amertume.

INTERVIEW

Bruno Retailleau a confirmé l'information au micro d'Europe 1. Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est définitivement abandonné. Le Premier ministre Edouard Philippe l'a officiellement annoncé mercredi, en tout début d'après-midi. "Il fallait s’y attendre. À partir du moment où le gouvernement avait nommé des médiateurs, dont deux avaient déjà exprimé leur parti-pris contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ça n’est pas tellement une surprise. Mais désormais, la décision est prise. C’est à la fois une capitulation, un renoncement et un abandon", a réagi le président du groupe LR au Sénat sur Europe 1, quelques minutes avant l'annonce officielle du gouvernement.

"La violence paie". Amer, le conseiller régional des Pays-de-Loire ne mâche pas ses mots. "C'est une capitulation, parce que c’est la victoire des zadistes. Ils ont gagné. La violence, aujourd’hui en France, paie. Vous pouvez, en utilisant les moyens les plus violents, bloquer un projet qui a fait l’objet d’un référendum qui était clair, et qui a reçu l’aval de 179 décisions de justice", dénonce-t-il. "C'est une vraie capitulation devant cette violence", martèle le président du groupe LR au Sénat. Pour Bruno Retailleau, la décision du gouvernement signe aussi "un renoncement aux engagements". "Je me souviens, le président de la République avait pris un double engagement devant les Français : celui d’évacuer et surtout celui de respecter le vote", celui du référendum du 26 juin 2016, où une majorité d'habitants de la région (55,17% des voix) s'était prononcée en faveur de la construction du nouvel aéroport.

Un "abandon du Grand Ouest". Bruno Retailleau estime enfin que l'abandon du projet est également un "abandon du Grand Ouest". "Il faut savoir que Nantes Atlantique (l'actuel aéroport, ndlr) n’est pas extensible. (…) Dans leur rapport, les médiateurs avaient écrit qu’il était plus sage de garder pour les 20 prochaines années la réserve foncière de Notre-Dame-des-Landes. Ils reconnaissaient qu’on pouvait simplement bricoler avec l’aéroport actuel", fait valoir Bruno Retailleau. "Ce sera Paris qui devra être demain, pour les gens de l’Ouest, le grand aéroport où les gens devront se rendre. C’est triste, l’Ouest est abandonné", commente-t-il.

"L'autorité de l'Etat est bafouée". Reste à évacuer la Zad, actuellement occupée par 200 à 300 personnes. Près d'un millier de policiers et de gendarmes seront présents dans le secteur, d'ici la fin de la journée. À terme, une cinquantaine de compagnies de CRS et d'escadrons de gendarmes mobiles pourraient être engagés - soit 3.500 hommes et femmes - sans compter des gendarmes de brigades classiques. Un dispositif conséquent qui ne semble être qu'un leurre, aux yeux de Bruno Retailleau. "Ils (le gouvernement, ndlr) vont essayer de cocher la case de l’autorité de l’Etat, alors qu’ils laissent l’autorité de l’Etat bafouée. C’est l’Etat qui a demandé une déclaration d’utilité publique", insiste-t-il. Pour Bruno Retailleau, l'évacuation de la Zad alors que le projet est abandonné, "c’est faire courir beaucoup de risques aux gendarmes pour ne rien faire."

Notre-Dame-des-Landes : les 4 annonces du gouvernement :