Zebda est prêt pour le "Second tour"

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Zebda est prêt pour le "Second tour"
Le groupe toulousain Zebda n'avait pas sorti de nouvel album studio depuis huit ans.@ MAXPPP
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Avant la présidentielle, le groupe toulousain sort de son silence avec un nouvel album.

Huit ans après, ils sont toujours aussi motivés. Zebda est de retour avec un nouvel album baptisé "Second tour", une référence à l’élection présidentielle toute proche à l'occasion de laquelle le groupe toulousain a bien l’intention d’interpeller la gauche, "parce que la droite ne nous intéresse pas", selon Magyd Cherfi, le chanteur. " On espère que la trahison ne sera pas une fois encore au rendez-vous sur certaines questions qui nous sont chères", a confié Mouss Amokrane , musicien de Zebda, au JDD.

Le groupe qui avait repris des propos controversés de Jacques Chirac pour en faire une chanson en 1995, Le bruit et l’odeur, retrouve les thèmes qui lui sont chers : exclusion, racisme ou immigration. Dans Le dimanche autour de l’église, Magyd a ainsi voulu raconter "une journée au marché Saint Sernin à Toulouse", où une "faune métissée" se mélange. "C’est notre vision d’une France métissée, mais sans angélisme béat", a-t-il décrypté dans le JDD.

Le dimanche autour de l’église :

Un autre titre de l’album, Le théorème du châle, évoque la question du voile avec un sentiment mitigé. "Depuis des années, on se retrouve en permanence à défendre ce qu’on ne défendrait pas naturellement, parce qu’on ne peut plus accepter que nos parents, nos voisins soient insultés", déplore Mouss.

"Condamné à cette parole politique"

Pendant leur longue absence, les membres de Zebda n’ont pas chômé : en 2003, ils avaient décidé de se lancer dans une aventure en solo. Mouss et Hakim ont sorti deux albums, Magyd aussi, ainsi que deux livres. Et les Toulousains ont aussi pris le temps de la réflexion. "On a analysé notre manière de positionner notre parole, de travailler cette colère", explique Mouss, pour qui le groupe aborde certainement aujourd’hui les choses "de manière moins revendicatrice ou moins frontale".

L’énergie demeure intacte et le groupe affirme avoir voulu être "doublement utile", "avec notre musique et en opposant notre parole à un discours qui nous a un peu envahis ces derniers temps". Au final, résume Mouss, "on est condamné à cette parole politique parce que c’est notre histoire, celle de l’immigration post-coloniale".