Cinq chansons polissonnes de Brassens

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Cinq chansons polissonnes de Brassens
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VIDEO - Retour sur les titres de l’immortel chanteur qui ont fait polémique à l’époque.

A l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Georges Brassens, Europe1.fr vous replonge dans cinq chansons qui ont assis sa réputation et surtout divisé la France de l’époque.

Le Gorille, 1952. A 31 ans, Georges Brassens débarque dans le paysage. Bourru, un peu sec, le Sétois lance son Gorille, une chanson drôle et satirique contre la peine de mort. Mais il est un peu tôt, au sortir de la guerre, dans une société encore choquée et majoritairement favorable à la peine capitale, pour raconter l’histoire d’un magistrat qui se fait violer par un Gorille. Ultime bonheur dans sa vie, la cause qu’il chante et rechante durant trente ans, et pour laquelle il a manifesté et signé des pétitions, est enfin entendue en 1981. Trois semaines avant sa disparition, la peine de mort est abolie en France.

Hécatombe, 1952. Cette chanson truculente compte l’histoire des "mégères gendarmicides" de Brive-la-Gaillarde. Drôle, le texte n’en est pas moins dur pour l’époque. "En voyant ces braves pandores être à deux doigts de succomber, moi je bichais car je les adore sous la forme de macchabée". "C'est une bande-dessinée qui a pour cadre la France prude et bien coincée des années 50" juge Michel Brillié, spécialiste de Brassens et créateur de la webradio radiobrassens.com. Aujourd’hui encore, la maréchaussée goûte peu cette chanson de Brassens. Un Cherbourgeois a été condamné à une amende en 2011 pour avoir chanté Hécatombe à sa fenêtre en voyant des policiers passer en contrebas.

Le Pornographe, 1958.  Dans cette chanson au nom sans équivoque, Georges Brassens s’excuse d’emblée de dire des grossièretés : "Aujourd’hui que mon gagne-pain, c’est parler comme un turlupin, je ne pense plus merde pardi, mais je le dis". Ce "pornographe du phonographe" a suscité l’émoi notamment de sa mère, qui ne supportait pas d'entendre son fils chanter des gros mots. "Mais comme disait Brassens : 'quand je dis merde, il y a des fleurs autour'", le pardonne Michel Brillié. Le poète René Fallet, grand ami de Brassens va plus loin : "Nous nous souhaitons beaucoup de galopins de cet acabit".

La complainte des filles de joie, 1961. La prostitution est un thème cher à Brassens. Avec sa "complainte", Brassens prend en 1961 la défense des "filles de joie". "Elles sont méprisées du public, elles sont bousculées par les flics, et menacées de la vérole", assure-t-il avant de rapprocher l’auditeur de ces femmes avec qui, sans doute, leur père a fricoté. "Il s’en fallait de peu mon cher que cette putain ne fut ta mère", conclut-il. Pour cette chanson qui fit scandale chez "les bourgeois", il reçu le soutien d’un collectif de prostituées. "Nous les Putains vous disons merci pour vos si belles chansons qui nous aident à vivre. Nous vous embrassons toutes". Signé "Vos Copines du Collectif de tout cœur avec vous toujours".

La Guerre de 14-18, 1962. "Les chansons qui ont le plus fait scandale sont les chansons pacifistes", lance Michel Brillié. Outre la célèbre Mourir pour des idées, "d'accord mais de mort lente", Brassens s'amuse critique la guerre dans plusieurs chansons. Dans La Guerre de 14-18, il vante les "plaisirs" de chaque guerre, en concluant chaque couplet d'un sempiternel "Moi mon colon, celle que je préfère, c'est la guerre de 14-18". Bien qu'à prendre au second degré, cette chanson à grandement fait scandale chez les anciens combattants. D'autant plus qu'à l'époque, la France sort à peine de la guerre d'Algérie.