Pape Diouf, une histoire marseillaise

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Pape Diouf, une histoire marseillaise
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PORTRAIT - L'ancien président de l'OM brigue la mairie de Marseille. La suite logique de son parcours dans la cité phocéenne.

L’INFO. Il a pris tout son temps, puis il a tranché. "Je suis candidat, après mûre réflexion", a lancé Pape Diouf, lundi. Ni de gauche, ni de droite, l’ancien journaliste a choisi de conduire une liste d’ouverture, qui réunira aussi bien des candidats issus de la société civile, des écolos dissidents, des membres du collectif citoyen "Le Sursaut" que des élus du Modem. Et si Pape Diouf met son art des petites phrases au service de sa campagne, il va y avoir du sport à Marseille…

>> "La seule chose qui me passionne, c'est Marseille", reconnaît Pape Diouf. Europe1.fr vous raconte pourquoi cette candidature, au regard de sa vie, est tout sauf une surprise. 

Passion ballon rond. L’histoire de Mababa Diouf commence au Tchad, où il voit le jour en 1951. Mais la famille, très vite, doit suivre le patriarche au Sénégal, à Dakar, où le petit Pape se fait remarquer à l’école, bien que la passion du ballon - déjà - le fasse parfois sortir du droit chemin. Viré en troisième, il rejoint alors une école mixte. Et là, les filles remplacent le ballon, raconte "Jeune Afrique"… C’est à Marseille, où il débarque à 18 ans à la suite de toute sa famille, que Pape Diouf prend sa vie en main. "Plus belle la vie", épisode 1.

Le journalisme, un tremplin. Son papa lui rêvait un destin de militaire, comme lui. Pape a d’autres envies. Après avoir suivi des cours à l’Institut d’études politiques d’Aix en Provence et enchaîné les petits boulots ingrats, il décroche des piges au journal communiste "La Marseillaise". Habile et malin, il se spécialise : l’OM, ce sera pour lui. Nouveau virage dans sa vie, même s’il ne le sait pas encore. Après des expériences à "L’Hebdomadaire" et au "Sport", il rompt avec le journalisme. L’épisode 2 de "Plus belle la vie" peut commencer.

L’OM, la consécration médiatique. Suivre l’OM, quand on vit à Marseille, ouvre beaucoup de portes. "L'OM m'a permis de plonger dans la vie publique", reconnaît-il d’ailleurs aujourd’hui. Grâce à son carnet d’adresses bien fourni, Pape Diouf devient d’abord agent de joueurs. Et ses clients sont clinquants : Desailly, Drogba, Gallas ou Nasri. Que des joueurs qui ont porté la tunique phocéenne. Il n’y a pas de hasard.

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Bluffés par ses qualités de businessman à qui tout réussit, les dirigeants de Marseille lui confient les rênes de l’OM. On est en 2005 et Pape Diouf devient alors "le seul président noir d’un club en Europe". La négritude, un autre des combats. Sur le terrain, il s’impose très vite comme un homme fort du football français. Ses coups de gueule marquent. Comme sa décision, en 2006, de ne pas envoyer l’équipe première affronter le PSG pour protester contre les conditions d’accueil de ses supporters. Le genre de coup médiatique qui le rend encore plus populaire auprès des amoureux de l’OM. Ce qui explique que son nom soit encore régulièrement scandé dans les travées du Vélodrome. Habile et malin.

La politique, une suite logique ? Après s’être éloigné des terrains, Pape Diouf crée une école de journalisme. A Marseille, bien sûr. Et en partenariat avec Jean-Pierre Foucault, président de l’Association… OM, vous l’aviez deviné. Pas assez pour le rassasier. La politique alors ? La rumeur courait depuis des semaines sur la Canebière. Et si Pape Diouf, comme Bernard Tapie avant lui, mettait à profit sa notoriété pour ravir la mairie à la droite ? Le Parti socialiste a longtemps essayé de l’inscrire sur une de ses listes. François Hollande, - que Pape Douf a soutenu en 2012 - l’a même reçu en tête-à-tête pour le convaincre.

Mais Pape Diouf veut "tourner le dos" aux partis politiques "car lorsqu'un lampadaire est en panne, ce n'est ni de gauche ni de droite que d'essayer de le réparer". Son équipe sera donc un rassemblement de personnalités et de citoyens venus d'"horizons divers". Mais des Marseillais, bien sûr. La droite se frotte les mains, et la gauche s’inquiète. Pape Diouf, lui, "craint degun". "Enfin, Marseille a trouvé son pape!", s’amuse-t-il. "Plus belle la vie" a encore de beaux jours devant elle.

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