Municipales : où en est la Manif pour tous ?

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Municipales : où en est la Manif pour tous ?
Entre 80.000 et 540.000 partisans de la Manif pour tous ont défilé dans les rues de Paris ou Lyon, dimanche.@ Capture Ecran Twitter
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ELECTIONS POUR TOUS - Malgré l'engagement politique de certains militants, le mouvement met en avant sa neutralité. Pour l'instant…

Le message. Ils rassemblent encore des dizaines de milliers de personnes. Entre 80.000 et 540.000 partisans de la Manif pour tousont défilé dans les rues de Paris ou Lyon, dimanche. Le mot d'ordre : enterrer pour toujours toute idée de légiférer sur la Procréation médicale assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA), et écarter la théorie du genre des bancs de l'école. Le message à faire passer : "à deux mois des municipales, les candidats ont intérêt à nous entendre", comme le soulignait encore ce weekend Ludovine de la Rochère, présidente du mouvement.

>> Mais "se faire entendre" passera-t-il par d'autres moyens que quelques manifestations ponctuelles ? Comment le mouvement compte-t-il s'engager dans la campagne pour les municipales ? Europe1.fr passe en revue la stratégie de la Manif pour tous.

La (discrète) charte. Le premier moyen de se faire entendre, c'est de se faire lire. Depuis novembre, le mouvement a édité une charte à destination des candidats. Le deal proposé est simple : si le prétendant à la mairie signe, "la Manif" le soutiendra officiellement. Les limites de cette mécanique : pour l'heure, les signataires sont surtout des candidats du FN. À Brest, Bordeaux, Nantes, Lyon, Orléans, Rouen, Rennes ou Versailles, les candidats frontistes se sont récemment vantés de leur signature. Ont-ils donc gagné le soutien du mouvement ? Pas vraiment. "Ils veulent nous récupérer", déplore Ludivine de la Rochère qui, citée par France info, "s'échine à montrer que la Manif pour tous n'a aucun lien avec l'extrême droite".

Et dans les autres partis ? Difficile de savoir. Même à l'UMP, les candidats ne crient leur signature sur aucun toit. Face à ce manque d'engagement, la Manif pour tous, censée publier les noms des signataires, refuse de communiquer là dessus pour le moment.

Le "Sens commun" sur des listes. Pour vraiment se faire entendre, reste donc l'engagement politique sur le terrain. Plusieurs dizaines de partisans de la "Manif" se sont déjà inscris sur des listes de candidatures (entre 50 et 100, selon les estimations). Le mouvement "Sens commun", crée fin 2013, se donne même pour mission d'aiguiller tous ceux qui veulent défendre les idées du mouvement dans une campagne électorale… menée par l'UMP. Le cœur de la structure bat d'ailleurs depuis des locaux prêtés gracieusement par le parti d'opposition.

"C'est comme si on avait signé un CDD avec l'UMP", expliquait fin décembre Madeleine Bazin de Jessey, porte-parole de Sens commun, contactée par Europe1.fr. "A un moment, on a réalisé que notre combat ne servirait à rien sans relais politique. […] Il ne s'agit de faire de l'entrisme, de faire basculer les rapports de force internes" au sein du principal parti d'opposition, détaillait-elle. À Paris, Marseille ou Nantes, on peut ainsi voir des membres de "Sens commun" battre campagne avec l'UMP.

La Manif n'est pas (encore) un parti. Pour l'heure, on ne peut toutefois pas assimiler Sens commun et Manif pour tous. Cette dernière revendique officiellement une indépendance politique. "Ceux qui voudront être candidats devront quitter leurs fonctions au sein de notre mouvement", prévient sans détour Ludovine de la Rochère dans le Huffington Post. Parfois, il arrive même que le mouvement salue la gauche. "Ca bouge à gauche, merci à Ségolène Royal et André Vallini!", tweetait ainsi le compte officiel du mouvement, après des prises de positions sur la théorie du genre.



Mais surtout, c'est la frilosité de l'UMP sur les questions familiales qui empêche une alliance. "Il y a des personnalités politiques remarquables, mais un défaut de projet, notamment à droite. La droite n'a pas de projet famille", regrette ainsi le mouvement sur Twitter.

Un changement aux Européennes ? Mais si cette frilosité passe l'hiver, le mouvement pourrait bel et bien revoir sa stratégie… et pourquoi pas envoyer des candidats étiquetés "Manif pour tous" aux européennes, en mai. "Ce qui est sûr, c'est que nous ne soutiendrons aucun parti. Éventuellement nous présenterons des listes si les partis qui se présentent ne prennent pas assez en compte nos préoccupations sur la famille", prévient la présidente, qui assure que le mouvement est de taille à se lancer. Comme le résume le politologue Jérôme Fourquet, dans Le Figaro : "l'un des enjeux est de voir si dans les mois qui viennent le mouvement est capable de prendre position et de mobiliser sur d'autres thématiques, ou s'il reste uniquement concentré sur la défense de la famille".


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