L'UMP auto-proclamé "premier parti de France"

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L'UMP auto-proclamé "premier parti de France"
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BILAN - Le parti de Jean-François Copé a obtenu presque 46% des suffrages. 

 La droite engrange son premier succès à un scrutin local depuis 2002. Dimanche soir, Jean-François Copé et ses troupes avaient le sourire, et on les comprend : le pari est réussi et l’UMP s’impose comme la première force politique locale. C'est une "victoire historique pour la droite" et un "cinglant désaveu pour la gauche", s'est félicité le président du premier parti d'opposition. Olivier Duhamel, politologue invité d’Europe 1 lundi matin, a quant à lui jugé que "c’est plus qu’une vague, c’est un raz-de-marée bleu. L’UMP a un plaisir immense, reste à savoir ce qu’ils vont en faire…" Autopsie d’une soirée électorale réussie.

>> Des grandes villes dans l’escarcelle

 L’UMP était ambitieuse, et elle avait raison. Six grandes villes de plus de 100.000 habitants ont basculé dans son giron, dimanche soir. La droite a reconquis Toulouse, qu'elle avait perdu de peu en 2008. Saint-Etienne, Angers ou Reims ont également basculé, tout comme Amiens et Caen.

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Car même dans les villes moyennes, le succès de l’UMP est incontestable. Selon Manuel Valls, quelque "40 communes de 30.000 à 100.000 habitants" et 105 de "9.000 à 30.000 habitants" ont changé de bord politique. Et quelques unes ont valeur de symbole. C’est le cas de Quimper, où Bernard Poignant, un intime de François Hollande, vainqueur des trois dernières municipales, a mordu la poussière. Et de Limoges, gérée par la gauche depuis… 112 ans !

>> Quelques déceptions

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Certes, Marseille est restée aux mains de Jean-Claude Gaudin, et Bordeaux a triomphalement réélu Alain Juppé. Mais l’UMP espérait mieux encore, et ses ambitions portaient un nom : Paris. Las, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait été la surprise du premier tour, n'a pas créé l'exploit. Strasbourg était également dans son viseur, mais Fabienne Keller n’a pas réussi à déloger le socialiste Roland Ries. Metz et Auxerre ont également manqué leur coup.

>> Un satisfecit pour Copé

 Il n’avait jamais réussi à faire oublier son élection à la hussarde à la présidence de l’UMP, à l’hiver 2012. Dans son parti, Jean-François Copé est contesté par au moins la moitié des troupes Et dans l’opinion, son image est considérablement dégradée, lui qui squatte avec régularité les tréfonds des classements de popularité. Jean-François Copé avait donc besoin d’une victoire éclatante, et il l’a eue.

"Ça signifie que le premier parti de France, c'est l'UMP et de très, très loin, en nombre de voix comme en nombre d'élus", a-t-il lancé à la presse, tout sourire. Et si elle a gagné, c’est un peu –beaucoup ?- parce qu’elle a récolté ce que son président a semé : "cette vague bleue est liée au fait que l'UMP, depuis deux ans, s'est reconstruite, a mobilisé énormément sur le terrain". Un autosatisfecit ? Non, dans sa famille aussi, on lui reconnaît quelques mérites. C’est le cas de Brice Hortefeux, porte-voix officieux de Nicolas Sarkozy : "Jean-François Copé a tenu un rôle essentiel", a estimé l'ancien ministre sur BFM-TV.

Fort de cette "victoire historique pour la droite", Jean-François Copé peut désormais espérer s’installer dans le costume de premier opposant en chef. Il a déjà commencé : "je ne vois pas comment François Hollande ne va pas devoir très rapidement tirer les conséquences de ce message". Jean-François Copé, lui, en retire déjà les bénéfices.

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>> Et bientôt, le Sénat ?

 La Haute chambre sera renouvelée pour moitié en septembre prochain. Et parce que 95% des votants seront des représentants des communes, les élections municipales pouvaient avoir un impact fort sur ce scrutin futur. La gauche ne dispose en effet que d'une très faible majorité actuellement au Sénat, avec 178 sièges sur 348. Dimanche soir, l’UMP s’est très vite projetée sur le prochain rendez-vous électoral, et avec gourmandise : "d'après nos calculs, le Sénat devrait repasser à droite en septembre, vu le nombre de villes de plus de 9.000 habitants, pourvoyeuses de grandes électeurs, qui ont basculé dans notre camp ", a ainsi affirmé Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet du président de l'UMP Jean-François Copé.

 

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