Ces 5 villes qui font pétiller les yeux du FN

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Ces 5 villes qui font pétiller les yeux du FN
De gauche à droite : Gilbert Collard, Steeve Briois, Wallerand de Saint-Just (candidat FN à Paris), Marine Le Pen et Florian Philippot.@ MaxPPP
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AMBITIONS - Marine Le Pen mise beaucoup sur les municipales. Et une grosse dizaine de villes pourraient tomber dans son escarcelle.

Entre 1995 et 2001, le Front national a géré quatre municipalités du sud de la France, pour un bilan plus que mitigé. En 2014, les ambitions de Marine Le Pen sont plus grandes encore, elle qui espère "plus de 1.000 conseillers municipaux, contre 60 aujourd’hui." Si elle se refuse à donner un objectif chiffré précis de villes à conquérir, les sondages laissent à penser qu’une bonne dizaine de communes pourraient basculer dans le giron frontiste.

>> Europe1.fr vous présente cinq municipalités qui seront particulièrement scrutées par l’état major du Front national.

Hénin-Beaumont

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C’est LA ville qui attise tous les espoirs. Ce n’est pas pour rien que Marine Le Pen figure symboliquement sur la liste de Steeve Briois. Dans cette ancienne terre minière tenue depuis cinquante ans par la gauche, le FN, lors d'une municipale partielle en 2009, avait raté l'élection... à 265 voix près. Mais cette fois, ça va passer, assurent-ils en chœur.

Un optimisme qui s’explique par les sondages, à commencer par celui réalisé par l’Ifop pour Europe 1 et la Voix du Nord, le 18 février dernier. Au premier tour, Steeve Briois arrive largement en tête avec 44% des intentions de vote, loin devant la liste menée par le maire sortant Eugène Binaisse, soutenu par le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts. Et au second tour, le bras droit de Marine Le Pen est crédité de 50,5% des intentions de vote, contre 49,5% à son rival socialiste. Pour celui qui est conseiller municipal de la ville sans discontinuer depuis 1995, ce résultat est logique, même s’il le "conforte et décuple [ses] forces", expliquait-il alors à Europe1.fr.

Une ambition partagée par sa patronne, encore venue le soutenir lors d’un meeting, le 14 février : "vous avez été et vous serez encore demain l’avant-garde en élisant triomphalement Steeve Briois dans cette ville martyre", a-t-elle lancé aux 400 personnes venues l’applaudir.

SAINT-GILLES

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© REUTERS

Dans cette ville du Gard d’un peu plus de 13.000 habitants, le FN ne part pas vraiment dans l’inconnu. En 1989, Saint-Gilles fut en effet la première en France à tomber dans les bras du FN grâce Charles de Chambrun. Quelque 25 années plus tard, c’est le médiatique Gilbert Collard qui porte les ambitions du  Rassemblement Bleu Marine. Et le député du Gard joue sur du velours dans le seul département qui avait placé Marine Le Pen en tête au premier tour de l'élection présidentielle de 2012. Les péripéties de sa campagne - il a changé deux fois de directeur de campagne - auraient pu le fragiliser. Il n’en fut rien.

Outre les venues de Marion et Marine Le Pen, Gilbert Collard a également pu compter sur un soutien plus inattendu, celui de son ami l’humoriste Jean Roucas. Et, mieux encore, il peut aussi compter sur la division de la droite, entre l’UMP Eddy Valadier et  l’UDI Samuel Serre qui affichent bruyamment leurs désaccords. Son rival le plus sérieux sera le maire socialiste sortant, Alain Gaido, qui y croit encore et toujours : "Collard va prendre son sceptre et pacifier les foules comme Saint-Gilles, quelle rigolade !", a-t-il ainsi ironisé dans Le Dauphiné libéré.

FRÉJUS

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"Nos chances de victoire dans cette ville sont très grandes, c'est indéniable". Marine Le Pen y croit tellement qu’elle s’est déplacée en personne à Fréjus pour soutenir son candidat, le jeune David Rachline, 26 ans seulement. Dans cette municipalité de 53.000 habitants, la patronne du FN a obtenu 27% des voix lors de la dernière élection présidentielle. Et elle espère bien faire plus encore.

Le contexte local - sans oublier les tourments judiciaires de l’UMP au niveau national - est un terreau fertile pour le conseiller municipal FN. Elie Brun, le maire sortant divers droite, est en effet en pleine tourmente judiciaire, condamné en janvier dernier à cinq ans d’inéligibilité pour "prise illégale d’intérêt". L’UMP a donc investi son ancien adjoint, Philippe Mougin. Et les deux hommes se déchirent chaque jour un peu plus. "Fréjus, ça va être compliqué. Très très compliqué...", soupire déjà  Jean-François Copé dans Le Parisien, presque résigné. 

Les sondages semblent donner raison au patron de l’UMP : une récente enquête Ifop a donné David Rachline  arrive largement en tête au premier tour, avec 37 % des intentions de vote et 16 points d'avance sur son premier poursuivant, Philippe Mougin. En cas de quadrangulaire au second tour, il l'emporterait avec 34 %, devant l'UMP (27 %), puis la socialiste Elsa Di Méo (20 %) et Elie Brun (19 %).

BÉZIERS

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Le match s’annonce serré. Dans la deuxième commune de l’Hérault (plus de 71.000 habitants), Robert Ménard, ancien patron de Reporters sans frontière, se lance pour la première fois en politique, sous les couleurs du Rassemblement Bleu Marine. Son objectif : mettre fin à "un ras-le-bol général après 18 ans de gestion UMP". Certes, Raymond Couderc, l’actuel maire UMP, a décidé de jeter l’éponge, mais son adjoint, Elie Aboud, entend bien conserver la mairie car "on ne va pas laisser le Front national prendre la ville de Jean Moulin".

Marine Le Pen, elle y croit dur comme fer car "Ménard est un homme qui s'est beaucoup attaché à l'avenir de cette ville. Il a un programme très précis, des idées très claires sur ce qui est nécessaire de faire", expliquait-elle sur l'antenne de France Bleu Hérault, le 17 mars.

Les sondages accréditent son ambition. Selon une enquête Ifop pour Europe 1, le 14 mars, la liste de Robert Ménard arriverait en tête au premier tour, avec 38% des intentions de vote, contre 34% pour la liste UMP et 21% pour celle du socialiste Jean-Michel du Plaa. Mais pour Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique de l'Ifop, "la dynamique est pour la liste de Robert Ménard. (…) A dix jours du scrutin, le candidat qui a le vent derrière lui, c’est Robert Ménard", expliquait-il dans le Midi Libre.

FORBACH

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© REUTERS

"J'ai évidemment beaucoup d'espérance dans les élections à Forbach", a lancé Marine Le Pen lors de sa venue, le 7 mars dernier, dans cette ancienne ville minière de Moselle de 24.000 habitants. La patronne du parti d’extrême-droite a tellement "d’espérance" qu’elle a envoyé son bras droit et tête pensante, Florian Philippot, mener la liste du Rassemblement Bleu Marine.

A Paris, Forbach inquiète. Manuel Valls est donc venu en personne soutenir le maire socialiste sortant,  Laurent Kalinowski, et Jean-François Copé en a fait de même pour épauler Alexandre Cassaro, le candidat investi par l’UMP. Des soutiens de poids, mais qui n’ont pas eu l’effet escompté. Selon un sondage exclusif Ifop pour Europe 1 et le Républicain Lorrain, le 25 février dernier, Florian Philippot serait en tête au premier tour à Forbach. Le candidat frontiste est crédité de 35% des intentions de vote. Il devance le candidat socialiste (33%), mais aussi Alexandre Cassaro (UMP) avec 17,5% des intentions de vote et le dissident à droite, Eric Diligent (14,5%).

C’est donc l’éparpillement des voix de la droite qui est la meilleure chance de Florian Philippot. "La droite locale est divisée et aux dernières législatives, il avait appelé à voter socialiste. Les électeurs de droite s'en souviendront. Les gens savent que notre liste est le seul vote utile face au maire PS sortant", assurait-il à Europe1.fr.

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