Pierre Fraidenraich : "Libération restera de gauche"

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INTERVIEW E1 - Très critiqué par les journalistes, le nouveau directeur du quotidien trouve "insupportable" le "rejet de principe" dont il estime être l'objet.

La réponse. Nommé la semaine dernière "directeur opérationnel" de Libération, Pierre Fraidenraich, ancien de Canal+ et i>Télé, est sous le feu des critiques de la rédaction du quotidien. Il a reçu un accueil glacial lors de sa première entrevue avec les salariés, dont certains l'ont accusé d'être "de droite" et lui ont reproché sa proximité avec Nicolas Sarkozy. Interrogé vendredi matin dans le Grand Direct des médias sur Europe 1, Pierre Fraidenraich a tenté de calmer le jeu... à moitié. "Ce n'était pas si grave en réalité, parce que c'est un accueil très "Libé", a-t-il assuré. "L'essentiel n'est pas là, même si le rejet de principe est finalement insupportable, surtout quand on se targue d'être humaniste, altruiste et tolérant. L'essentiel, c'est que Libé a un projet et que les moyens associés sont là. Maintenant, il faut se mettre au travail."

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"Je ne suis ni de gauche, ni de droite". Mais le nouveau directeur du quotidien de gauche est-il vraiment de droite, comme le clament ses salariés ? "Je trouve assez désagréable qu'on puisse me poser cette question. Je ne suis ni de gauche, ni de droite, je suis professionnel", a rétorqué Pierre Fraidenraich. Et celui-ci d'affirmer qu'il ne sera de toute façon pas en charge de l'éditorial. "Je ne suis pas patron de Libération, je suis patron du groupe "Planète Libération", dont Libération sera l'un des piliers", a-t-il expliqué. "Je n'ai pas prévu de signer d'éditorial, de commenter l'actualité politique". Pas question donc de changer la couleur politique de Libération : "pas d'inquiétude, le journal est de gauche, il restera de gauche, de toutes les gauches, et une gauche qui s'inscrira dans son époque, j'y suis très attaché".

Pas sûr que ce discours apaise le conflit ouvert qui agite Libération, en proie à de graves difficultés financières. Depuis début février, la rédaction publie au moins une page intitulée "Nous sommes en journal", dans laquelle les salariés racontent cette crise de leur point de vue. Une rubrique dans laquelle ils ont publié un portrait au vitriol de leur nouveau directeur, mercredi, et à laquelle ce dernier aimerait mettre un terme. "Depuis quelques jours en effet, ça va beaucoup trop loin. Je crois que dans l'intérêt du journal, il faudrait que ça cesse", a déclaré Pierre Fraidenraich sur Europe 1. "Je ne suis pas certain d'ailleurs que les lecteurs soient totalement passionnés par les débats et les problèmes internes du journal".

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