"Le Supplément" a-t-il eu raison de donner la parole à Idriss Sihamedi ?

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DÉBAT - Bruno Roger-Petit (Challenges) et Renaud Revel (L'Express) ont répondu à la question dans "Le grand direct des médias" mercredi.

Dimanche, dans l'émission Le Supplément de Canal +, Idriss Sihamedi, président de l’ONG Baraka City, était venu plaider la cause de Moussa Ibn Yacoub. Ce membre de l'ONG est emprisonné depuis un mois au Bangladesh pour "activités suspectes". Interrogé par le présentateur Ali Baddou pour savoir s'il condamnait, ou non, l'Etat Islamique (EI), Idriss Sihamedi n'a pas répondu de manière claire, suscitant l'indignation de la classe politique et de téléspectateurs. La réaction de la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, qui a refusé de lui répondre, a provoqué la controverse. Certains l'accusent d'être restée trop passive par rapport aux propos du président de l'ONG, qui a également lâché : "Non, comme certains rabbins, je ne serre pas la main aux femmes".

Bruno Roger-Petit (Challenges) et Renaud Revel (rédacteur en chef média à L'Express) sont venus débattre de cette séquence dans Le grand direct des médias.

Fallait-il inviter Idriss Sihamedi, président de BarakaCity, dans Le Supplément de Canal + ?

CONTRE - Bruno Roger-Petit : "Non, pas comme cela. Sur le principe de l'invitation : oui. Mais mon problème dans cette affaire, c'est le traitement et la double réaction que cela a suscité. Celle de la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, qui était plutôt une non-réaction et celle du présentateur, Ali Baddou. J'ai trouvé le présentateur, pour le coup, en service minimum. (...) Se retrouvant face à quelqu'un qui tenait des propos ambigus, je l'ai trouvé assez faible."

POUR - Renaud Revel : "Il fallait bien sûr l'inviter. Il ne faut jamais exclure quiconque. Le débat, ensuite, l'a prouvé. Je l'ai trouvé intéressant. (...) Il faut toujours écouter les gens quel qu’ils soient."

Najat Vallaud-Belkacem a-t-elle eu une bonne réaction face aux propos de Idriss Sihamedi ?

NON - BRP : "(...) Najat Vallaud-Belkacem est là en tant que ministre de la République et face à quelqu'un qui n'adhère pas au système de valeurs de la République. Son rôle, sa fonction, son devoir à ce moment-là, est de dire : 'ce que je viens d'entendre est inadmissible et je vous le dis en face'. C'est cela que l'on attend d'elle à ce moment-là et c'est pour cela qu'il y a un problème."

OUI - RR : "Les silences sont intéressants parce qu'il y a un long silence de Najat Vallaud-Belkacem qui est extrêmement expressif. On l'a sent en colère et assez remontée contre l'invité en question. (...) Ce jour-là, elle ne vient pas pour débattre avec ce garçon. C'est aussi à Ali Baddou de porter le fer. La responsabilité principale incombe d'abord à Ali Baddou."

Par ailleurs, Bruno Roger-Petit et Renaud Revel sont d'accord sur un point. Après l'émission, Idriss Sihamedi, président de BarakaCity, s'est justifié en invoquant qu'il était compliqué pour lui de condamner aussi ouvertement Daech, car des humanitaires de son ONG sont sur place en Syrie et que cela pourrait les mettre en danger. Un argument que les deux journalistes '"entendent".