L'affaire Benalla tournée en dérision sur les réseaux sociaux

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Depuis les révélations du "Monde" mercredi dernier, les réseaux sociaux se sont naturellement emparés de l'affaire Benalla. Détournements d'images et ironie : les internautes s'en donnent à cœur joie.

Un million et demi de tweets en moins d'une semaine, soit plus que #JesuisCharlie, #BalancetonPorc, ou #MeeToo sur la même période… L'affaire Alexandre Benalla, ce collaborateur du président Macron filmé en train de malmener des manifestants et qui a déclenché la plus grave crise du quinquennat est largement commentée sur les réseaux sociaux depuis les révélations du journal Le Monde, mercredi dernier. Et souvent tournée en dérision.

"Où est Charlie" sauce Benalla

En seulement quelques jours, le chargé de mission auprès du chef de l'État est passé de l'ombre à la lumière. Et personne ou presque n'avait jusque-là remarqué sa présence aux côtés d'Emmanuel Macron. Alors depuis près d'une semaine, "les photographes de presse jouent à 'Où est Charlie' avec Benalla dans leurs disques durs de photos de manifs", comme l'a résumé le photojournaliste Louis Witter sur Twitter.

Rapidement sont ainsi apparues des images d'Alexandre Benalla pendant la campagne présidentielle, caché derrière Emmanuel Macron pendant une séance de dédicaces, ou en vacances au ski ou à vélo auprès du président de la République et de son épouse... "Fasciné par les photos qu’on voit émerger, où Alexandre Benalla se révèle omniprésent autour de Macron, à l’avant ou arrière-plan, net ou flou… On dirait un de ces films d’horreur où le héros remarque soudain la présence du fantôme sur des clichés vieux de vingt ans", a quant à lui remarqué le journaliste Emmanuel Raspiengas.

Des montages photos à la pelle

Forcément, cette chasse aux photos a donné des idées aux internautes. Sur les réseaux sociaux, certains ont ainsi imaginé, montage à l'appui, en arrière-plan de la photo officielle d'Emmanuel Macron, dans la voiture de John Fitzgerald Kennedy à Dallas le jour de son assassinat, à l'affiche du film Bodyguard, à côté de Marat assassiné dans sa baignoire, derrière le masque de Fantomas ou sur la boîte d'un jeu Cluedo…


  

Un "meme" peut aussi en chasser un autre. Alexandre Benalla a pu à l'occasion prendre la place de "l'homme en slip à la pelle", dont la photo avait été largement détournée en novembre 2015, ou celle de Jawad Bendaoud, parodié à l'envi sur les réseaux sociaux après avoir logé des auteurs des attentats de Paris en novembre 2015.

Le dessinateur Plantu a même exceptionnellement inséré sa photo dans son dessin lundi en Une du Monde.

"Personne ne va nous contrer"

GuillaumeTC, suivi par près de 90.000 personnes sur Twitter, se prête volontiers au jeu depuis mercredi. "C'est une histoire quand même assez dingue. Toutes les minutes il y a un nouveau rebondissement et tout ce qu'on apprend ne fait que nourrir la bête", note-t-il sur Europe 1.

"Tout le monde aime rebondir sur ça, de l'extrême gauche à l'extrême droite. On peut se lâcher et personne ne va nous contrer. C'est facile", poursuit celui qui est à l'origine du Tumblr "CroisonsLes".

Emmanuel Macron et Gérard Collomb également ciblés

S'il est au cœur du dossier, Alexandre Benalla n'est pas le seul protagoniste dans cette affaire. L'attitude d'Emmanuel Macron et de son ministre de l'Intérieur Gérard Collomb sont d'ailleurs très commentées sur la toile.

Frappé par la violence de la vidéo à l'origine de l'affaire, le dessinateur Effet Rache représente Emmanuel Macron, Gérard Collomb, Édouard Philippe et Alexandre Benalla comme les voyous ultraviolents du film "Orange macronique", en référence à "Orange mécanique".

Ce qui interpelle, c'est aussi le silence du président de la République. "E. Macron, il lui a fallu 10 minutes pour tweeter sa vidéo face à un adolescent qui l'avait tutoyé, mais par contre depuis l'affaire Benalla on dirait qu'il a perdu le chargeur de son iPhone et le mot de passe de son compte", lançait ainsi Karim Boukercha dans un tweet partagé plus de 13.000 fois.

Lundi, l'audition de Gérard Collomb devant une commission de l'Assemblée nationale a déclenché une nouvelle vague de remarques grinçantes. Plusieurs commentateurs ont proposé le prix de l'humour politique au ministre de l'Intérieur quand il a admis avoir parlé de l'affaire ce week-end avec Emmanuel Macron, mais "le moins possible".

Sur Wikipedia et Google aussi

Sur Wikipedia aussi, les internautes s'activent. La page "Affaire Benalla", créée vendredi, était la plus consultée de l'encyclopédie ce week-end. Elle fait toujours l'objet d'une intense activité.

Sur Google, les chiffres sont tout aussi saisissants. Le 18 juillet, les recherches concernant Alexandre Benalla étaient largement supérieures (+20%) à celles faites sur Didier Deschamps le soir de la victoire de la Coupe du monde, note notamment Le Parisien, qui relayait ce week-end dans ses colonnes les commentaires d'un proche du Premier ministre, qui estimait que l'affaire Benalla allait "retomber".

Attention aux intox

Dans l'hystérie ambiante, le député LR Eric Pauget a partagé un article issu du site satirique Nordpresse qui assurait qu'Alexandre Benalla avait les codes de l'arme nucléaire...