Juliette Greco : "je suis insolente de nature"

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La chanteuse, actuellement en tournée d'adieux dans toute la France, aura 89 ans en février.

“Merci”. C’est le titre de la tournée d’adieux de Juliette Greco, qui joue samedi au théâtre des Champs-Elysées, à Paris. Elle se poursuivra à partir de janvier à Marseille, Paris, Abbeville, etc.

Un immense répertoire. “Merci”, Tout un symbole pour l’interprète de Jacques Prévert, Serge Gainsbourg, Léo Ferré et beaucoup d’autres, qui chante un vaste répertoire de 500 à 600 morceaux. Un répertoire qu'elle n'a pas écrit, mais qui est profondément personnel : "je suis multiple. Dans chaque chanson il y a un morceau de moi, grand ou petit". “Je suis la servante de mes seigneurs”, a confié humblement samedi la chanteuse sur Europe 1. “Les seigneurs, ce sont les écrivains, ce sont les musiciens, ce sont les poètes. Ce sont des gens pour lesquels j’ai de l’amour, de l’admiration”.

"Je suis insolente". Des auteurs qui lui ont offert “La Javanaise”, “Les feuilles mortes” ou encore “Déshabillez-moi”. Juliette Greco rit encore en se rappelant ce titre sensuel et lascif et le “scandale” qu’il avait provoqué à sa sortie. “Je suis insolente de nature. J’aurais 100 ans, je serais [encore] insolente”. Avant d’évoquer avec poésie la longue et sobre tunique noire qu’elle a l’habitude porter sur scène : “le corps, je le laisse à l’imagination. Je suis un tableau noir sur lequel on écrit. Je suis un sapin qui peut devenir Noël, ou qu’on brûle... ça dépend”.

"Je n'ai pas vingt ans". La chanteuse, qui aura 89 ans en février 2016, continuera à faire voyager ses titres dans le monde “jusqu’à ce [qu’elle] tienne debout correctement, jusqu’à ce que [sa] voix soit là”. Samedi 14 novembre, Juliette Greco devait jouer à Berlin. Malgré les attentats et malgré les morts, l'artiste, dont la mère et la sœur ont été déportées à Ravensbrück, a tenu à assurer son concert dans la capitale allemande. Sans grand discours, mais en interprétant “Sous le ciel de Paris” : "Puis les gens par milliers / Sous le ciel de Paris / Jusqu'au soir vont chanter / L'hymne d'un peuple épris / De sa vieille cité".