Grève à iTélé : "On ne pensait pas qu'autant de journalistes partiraient"

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CNews, la nouvelle version d'iTELE, sera lancée le 27 février. Une forme de renaissance de la chaîne d'info, marquée par un mois de grève fin 2016.

INTERVIEW

Quelques mois après la grève massive à iTELE, et à trois jours du lancement officiel de sa remplaçante CNews, Gérald-Brice Viret, le directeur général des antennes du groupe Canal+, veut "regarder vers l'avenir". Pendant un mois en effet, les salariés de la chaîne d'informations en continu avaient cessé le travail suite à la mise à l'antenne de l'animateur Jean-Marc Morandini. Ils réclamaient également la signature d'une charte éthique, la nomination d'un directeur de la rédaction distinct du directeur général, et plus largement la définition d'un projet stratégique et éditorial "clair et précis".

"On aurait pu sortir de la grève plus tôt". "J'ai été extrêmement touché" par la grève, a confié le directeur de Canal+ dans Le Grand Direct des Médias, vendredi. "Quel que soit le côté de la table où l'on se trouve, quand on voit une chaîne qui n'a pas pu assurer les élections américaines, ou quelques grosses actualités françaises, je peux vous assurer qu'on avait tous mal au cœur. Et les grévistes le savent", assure Gérald-Brice Viret. Cette grève, la plus longue dans l'histoire de l'audiovisuel français, a été "un moment très éprouvant dans ma vie professionnelle", confie-t-il. "Mais on s'en est sorti. On aurait pu s'en sortir plus tôt. Il y avait clairement un blocage et à un moment, on s'est demandé quel blocage", affirme le directeur général des antennes du groupe Canal+, laissant entendre que les grévistes n'avaient pas toujours répondu favorablement aux mains tendues de la direction.

De nombreux journalistes ont quitté la chaîne. Ce contexte de fortes tensions a retardé le lancement de CNews. "On a préféré attendre un peu, car le mois de décembre a été difficile", explique Gérald-Brice Viret. "Il y avait 180 journalistes, une quarantaine de techniciens, et une quarantaine de pigistes. Et 80 journalistes ont voulu partir. On ne pensait pas qu'il y en aurait autant", avoue-t-il. "Ceux qui restent sont majoritaires. Et on a des têtes de proue de l'antenne avec nous", assure-t-il. Jean-Pierre Elkabbach et Patrick Poivre d'Arvor ont d'ores et déjà annoncé qu'ils rejoignaient la chaîne.