Droits d'auteur non versés par Canal+ : "un scandale absolu", pour Jack Lang

  • A
  • A
Droits d'auteur non versés par Canal+ : "un scandale absolu", pour Jack Lang
"Il y a aujourd'hui un scandale absolu, c'est celui de Canal+", dénonce Jack Lang @ CHRISTOPHE ENA / POOL / AFP
Partagez sur :

"Je ne comprends pas que les pouvoirs publics ne tapent pas du poing sur la table", assure l'ancien ministre de la Culture.

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang a estimé lundi que la suspension par Canal+ du versement des droits d'auteur était un "scandale absolu", appelant les pouvoirs publics à "reprendre de l'autorité".

"C'est inacceptable". "Il y a aujourd'hui un scandale absolu, c'est celui de Canal+. Je ne comprends pas que les pouvoirs publics ne tapent pas du poing sur la table", a déclaré Jack Lang sur France Inter. "Je ne comprends pas que monsieur Bolloré [patron de Vivendi, maison-mère de Canal+] puisse dire sans vergogne 'je ne paierai pas les droits d'auteur'. Au pays de Beaumarchais [fondateur de la première société des auteurs dramatiques] ! C'est inacceptable", s'est-il indigné, rappelant que la chaîne avait été "créée à l'initiative de l'État".

"Faire prévaloir l'intérêt supérieur de la culture". "Il faut absolument organiser un mouvement pour réclamer que Canal+ paye ses droits d'auteur. C'est un défi à la communauté artistique, intellectuelle, c'est un défi à la loi et il faut que les pouvoirs publics reprennent de l'autorité", a-t-il poursuivi. "Je constate (...) qu'on est d'une faiblesse insigne à l'égard de certains investisseurs, de certains groupes privés. Il faut aujourd'hui faire prévaloir l'intérêt supérieur de la culture", a encore estimé Jack Lang, qui préside l'Institut du monde arabe (IMA).

Pus de paiements depuis décembre 2016. Le groupe Canal+, qui souhaite renégocier ses contrats avec les sociétés d'auteur, ne verse plus de droits depuis décembre 2016. La chaîne Canal+ et le bouquet Canalsat ont été assignés en justice par trois de ces sociétés : la SACD, la Sacem et la Scam, qui réclament les arriérés (50 millions d'euros) et "une véritable négociation".

La ministre de la Culture Françoise Nyssen, qui a reçu début juillet les dirigeants du groupe, a jugé "pas tolérable" que Canal+ ne verse plus de droits d'auteur, soulignant qu'"aucune stratégie de réduction des coûts ne peut justifier un tel comportement".