Couverture d'un attentat : "Le recoupement des infos est fondamental"

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Hervé Béroud, directeur de l’information BFMTV, ainsi que Didier François et Alain Acco, journalistes à Europe 1, étaient dans "Le grand direct des médias" pour évoquer leur travail sur les attentats de Bruxelles.

LE DÉBAT

Lors d'un attentat, comme la double attaque de mardi à Bruxelles, les médias sont soumis à une forte pression et une nécessité d'urgence pour livrer des informations sur les événements en cours. Entre les témoins, les rumeurs sur les réseaux sociaux et les informations livrées par des sources policières, il faut faire un tri rapide et efficace. Hervé Béroud (directeur de l’information à BFMTV), Didier François (grand reporter à Europe 1) et Alain Acco (chef du service police-justice d'Europe 1) étaient dans Le grand direct des médias pour expliquer comment ils pratiquent leur métier.

"Le recoupement est quelque chose de fondamental". Quand un attentat a lieu, une des premières sources pour les journalistes, en dehors des services de police, sont les témoins de l'événement. "Un témoignage n'est pas, en soi, la vérité : c'est une vérité partiale", a rappelé Didier François. Sur un même événement, plusieurs personnes peuvent ainsi avoir une appréciation différente des événements, d'où l'importance de croiser les témoignages et de les vérifier avec la police. "Le recoupement est quelque chose de fondamental", explique ainsi le grand reporter à Europe 1.

Des opérations de police parfois passées sous silence. Autre cas de figure, les informations livrées par les services de police ou les magistrats. Là encore, même si la source est institutionnelle, il n'est pas question de livrer une information à brûle-pourpoint. "Mardi, nous avons eu vent d'un avis de recherche pour un véhicule (concernant les attentats à Bruxelles, ndlr) avec la plaque d'immatriculation, la photo du propriétaire et ses relations supposées", confie Alain Acco, chef du service police-justice d'Europe 1. "Nous n'en avons pas fait état", indique le journaliste. La raison ? Des choix sont arrêtés par les rédactions, pour ne pas compromettre le travail des services de police.

"C'est un travail artisanal". "A Europe 1, on fait parfois le choix de retenir l'information. C'est un travail artisanal, il n'y a pas de règles tangibles, c'est au jour le jour", raconte Alain Acco. "On a suffisamment d'expérience pour mesurer les conséquences et les dangers potentiels pour une opération qui est en cours". Du côté de BFM TV, Hervé Béroud explique que l'actualité tragique de l'année 2015, a modifié la manière de travailler des journalistes et de progresser. "Les expériences malheureuses que nous vivons depuis un an nous aident à avancer", explique le directeur de l'information de la chaîne, estimant que l'on apprend de ses erreurs.