Attentats : comment les médias ont réagi ce week-end

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avec Jérôme Ivanichtchnko
MEDIAS - Vendredi soir, les Français ont vécu en direct les attentats qui ont frappé la capitale. Des chaînes de télé réactives mais qui ont aussi tiré des enseignements de janvier 2015…

Vendredi soir, en direct, les téléspectateurs de TF1 ont pu entendre les explosions aux abords du Stade de France, pendant le match France-Allemagne. Peu ont imaginé immédiatement la réalité de ces détonations ; des kamikazes qui ont fait exploser leurs ceintures piégées. À 21h50, BFMTV rapporte qu'il s'est "passé quelque chose dans le 10e arrondissement de Paris", et évoque une fusillade en prenant à l'antenne la reporter Neila Latrous, présente sur place. Au même moment, iTélé fait état de "bombes agricoles" qui auraient explosé près du Stade de France, avec un édifice bouclé par les forces de l'ordre.

Le match jusqu'au bout sur TF1, un "choix responsable". Face à la nature exceptionnelle des événements, les grandes chaînes bousculent à leur tour leurs antennes. Pendant le match France-Allemagne qu'elle diffuse, TF1 fait savoir, par la voix de Christian Jeanpierre, qu'une édition spéciale sera proposée à l'issue de la rencontre. Exit donc la finale de Secret Story, programmée en deuxième partie de soirée. La Une casse son antenne et bascule sur les images de LCI jusqu'à 2 heures du matin, devant 3,6 millions de téléspectateurs.

Catherine Nayl, directrice de l'information de la Une, a expliqué que l'information était "tellement importante" qu'il ne fallait surtout pas attendre pour la partager avec les téléspectateurs. "Nous avons décidé de ne pas attendre de faire revenir des techniciens et des journalistes pour ouvrir un studio à TF1", explique-t-elle, d'où la reprise de l'antenne de LCI sur le canal de TF1. Quant à la diffusion du match jusqu'au bout, Catherine Nayl évoque un "choix responsable", avec une volonté de ne pas affoler les 80.000 spectateurs présents au Stade de France.

 

 

Du côté de France Télévisions, France 3 réagit en premier en proposant son Soir 3 pendant plus d'une heure, avant de voir France 2 interrompre Ce soir ou jamais pour une spéciale qui termine elle aussi à 2 heures du matin, devant un plus d'un million de Français.

Un week-end d'information marqué par le souvenir de Charlie. Les chaînes d'information en continu ont maintenu leurs éditions spéciales tout le week-end. Toutefois, ces dernières n'ont pas oublié les reproches formulés en janvier dernier sur leur couverture en direct de la prise d'otage de l'Hyper Cacher. Vendredi soir, Bruce Toussaint a fait savoir aux spectateurs d'iTélé que certaines images n'étaient pas en direct, afin de ne pas retransmettre l'assaut du Bataclan. Une décision prise par un souci de certitude de l'information, a expliqué Guillaume Zeller de iTélé, interrogé sur Europe 1.

Des chaînes conscientes de leur impact : samedi, BFMTV a rassemblé 10% du public, devenant la 3e chaîne la plus regardée sur la journée. Hervé Beroud, patron de la chaîne info, a expliqué sur Europe 1 avoir dans un premier temps "retenu certains bilans" qui paraissaient de prime abord terrifiants aux équipes.

Les divertissements passent à l'as, place au direct. Dans ce contexte, impossible pour les diffuseurs de maintenir leur habituelle programmation de divertissements du samedi soir. TF1 a renoncé à Secret Story et Danse avec les stars, quand la Deux a remplacé la soirée de Patrick Sébastien par un direct de Laurent Ruquier qui réunissait célébrités, intellectuels et politiques pour une émission baptisée On est solidaires.

 

 

 

Un programme suivi par 3,2 millions de Français et auquel France 2 a réfléchi dès samedi matin. "Quand France 2 m’a proposé de faire cette émission, j’ai demandé quelques heures pour réfléchir à ce qu’on voulait mettre dedans. On a voulu que l’émission soit une pause", explique Laurent Ruquier lundi dans Le Parisien.

Beaucoup d'émissions en direct ont donc pris la place des programmes habituels : le Grand Journal a remplacé Salut les Terriens devant 700.000 téléspectateurs sur Canal+. Sur France 5, C dans l'air était en direct, pour 1 million de Français. Même chose pour M6 avec un 66 minutes très commenté sur les réseaux sociaux et suivi par 2,2 millions de téléspectateurs. Ce lundi, les émissions de Cyril Hanouna sont déprogrammées, en télé comme en radio. Le nouveau divertissement de D8, Touche pas à mon sport, a vu son lancement repoussé d'une semaine.