Arthur : "pour Pierre Tchernia, c'était un plaisir de faire de la télévision, pas un métier"

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Comment il l'a baptisé Pierre "Magic" Tchernia, son admiration ou encore la rencontre de l'animateur avec Woody Allen, Arthur livre de nombreuses anecdotes sur leur amitié.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

La télévision a perdu l'une de ses grandes figures samedi matin : Pierre Tchernia. L'animateur, acteur, réalisateur, s'est éteint à 88 ans. Les hommages se multiplient. Parmi eux, l'animateur Arthur, qui ne peut s'empêcher de raconter des anecdotes sur leur amitié de longue date : la première fois qu'ils ont travaillé ensemble, la bienveillance de l'animateur ou encore la rencontre de Pierre Tchernia avec le réalisateur américain Woody Allen.

"Presque un membre de ma famille". Très ému, Arthur a confié son affection pour celui qu'il a lui-même baptisé Pierre "Magic" Tchernia, au micro d'Europe 1 dimanche. "C'est presque un membre de ma famille, mais comme pour tous les Français d'ailleurs. Enfant, avant même de l'avoir rencontré, il faisait partie de ma vie puisque je regardais Zorro dans son émission, Disney dans son émission, le cinéma, je l'ai découvert à travers ses émissions."



Il a d'ailleurs rappelé comment le surnom de "Magic" était venu. "C'est comme ça que je l'ai présenté la première fois qu'on a travaillé ensemble et ça l'avait surpris. Mais une semaine après, il me disait que les gens dans la rue l'appelaient "Magic". 'Comment allez-vous magic Tchernia ?' Et puis il aimait bien. Quand il me laissait un message sur mon portable, il me disait 'Salut c'est Pierre' ou parfois 'Salut c'est Magic'. C'est arrivé comme ça."

Pierre Tchernia et sa bienveillance. Le grand homme de télévision a su lui tendre la main à un moment difficile de sa carrière. "C'est une époque où plus beaucoup de monde ne voulait travailler avec moi et c'était tellement quelqu'un qui avait imprégné notre mémoire collective que lorsqu'il a accepté de travailler avec moi, j'ai trouvé ça dément !"

"Quand j'ai démarré la télé, je voulais être un provocateur. Je faisais une émission qui s'appelait L'émission impossible, qui m'a valu d'être viré de partout. Et quand je suis revenu, Pierre m'a dit 'Il faut être gentil avec les gens. Les gens t'aiment et il faut que tu leur rendes cet amour.' Il était tellement bienveillant. Quand il arrivait sur le plateau, il serrait la main de tout le monde, il faisait le tour de tous les techniciens... Il pouvait serrer la main de tout le public s'il fallait ! Moi j'arrivais hyper stressé et concentré dans mes fiches, j'avais le melon. Et lui, il prenait le temps. Pour lui, c'était un plaisir de faire de la télévision, ce n'était pas un métier dans le sens industriel d'aujourd'hui."

Un grand professionnel qui savait aussi s'amuser. "Il savait où regarder quand il y avait une caméra, il savait où se placer dans la lumière. Et connaissait l'outil mieux que quiconque puisqu'il l'avait créé. Les gens l'oublient mais la télé contemporaine, c'est lui qui l'a créée avec toute la bande. Le JT, ils l'ont inventé !" Un sérieux et un professionnalisme qui ne l'empêchait pas de garder sa bonhomie naturelle.

"Pierre aime bien chanter alors il nous chantait des super chansons rigolotes. Il était toujours joyeux, il faisait des sourires tout le temps. Je n'ai jamais vu Pierre faire la tête. Et même si, parfois, il y avait des émissions moins faciles que d'autres, des invités moins sympathiques que d'autres, il était toujours positif. De temps en temps, on allait se faire une bonne bouffe et c'était un bon vivant. C'est un grand monsieur. C'était un peu mon grand-père à moi."

Le jour où Pierre Tchernia a rencontré Woody Allen. Arthur le savait, Pierre Tchernia était un grand amateur de jazz qui n'avait qu'un regret, ne jamais avoir rencontré un autre amateur de cette musique : le réalisateur américain Woody Allen. "Alors pour son anniversaire, je lui ai organisé une surprise. J'ai pris Pierre par la main, j'ai ouvert une porte dans une suite d'hôtel et j'ai dit : 'Il y a quelqu'un qui voudrait faire ta connaissance' et c'était Woody Allen."

"C'était un moment hyper émouvant. Pierre s'est mis à pleurer, Woody Allen aussi d'ailleurs. On devait le filmer et puis j'ai préféré les laisser tous les deux. Ils ont beaucoup parlé de cinéma et j'étais super étonné parce que Woody Allen connaissait très bien Pierre Tchernia. Ils ont parlé de leur travail et aussi de jazz."