A la télé, la parité n'est pas réalité

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A la télé, la parité n'est pas réalité
Dans "le Grand 8", sur D8, 69% du temps de parole est occupé par des femmes. Une exception.@ D8
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PARITE - Une enquête du CSA a comptabilisé le temps de parole des femmes dans les JT et les émissions de plateau.

La parité est encore loin d'être une réalité à la télévision. C'est la conclusion de deux études menées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et révélées mercredi par Le Parisien. Ces enquêtes ont comparé la présence des femmes et celle des hommes dans les émissions d'actualité. Résultat : un déséquilibre toujours flagrant.

Peu de femmes dans les JT. La première étude s'est penchée sur les témoins et experts interrogés dans les journaux télévisés au premier trimestre 2013. Sur toutes les grandes chaînes, la proportion d'intervenantes est en dessous de 20%, sauf dans les éditions d'information de France 3, où ce taux atteint 23%. Les journaux de Canal+ sont en queue de peloton, avec seulement 15% de présence féminine.

84% de temps de parole masculin dans C dans l'air. La seconde étude porte sur les magazines en plateau, du type Le Grand Journal ou On n'est pas couché. Toutefois, elle a couvert une période beaucoup plus restreinte : seuls quinze jours de diffusion (du 18 et 31 mars 2013) ont été passés à la loupe. Dans ces émissions, "les interventions des femmes (quel que soit leur rôle à l’antenne) représentent moins d’un tiers du temps de parole", note le CSA. Parmi les programmes étudiés, C dans l'air, le magazine d'Yves Calvi sur France 5, est l'un des plus masculins : pas moins de 84% du temps de parole y est trusté par des hommes.

La mise en garde du CSA. "On constate qu'il y a encore beaucoup d'efforts à faire. Les habitudes masculines dominent", estime dans Le Parisien Sylvie Pierre-Brossolette, présidente du groupe de travail sur les droits des femmes au CSA. Qui adresse cet avertissement : "lorsque la loi sur l'audiovisuel sera votée en janvier, radios et chaînes devront se conformer à une juste représentation des femmes, faut de quoi nous pourrons leur adresser une mise en garde".