Mercier : "Nous ne signerons pas cet accord"

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L'interview de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe 1 Matin
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"La direction ne va pas du tout maintenir l'effectif ! Elle nous a fait une promesse de maintien de volume d'activité lié au marché, une contrepartie qui repose sur du sable !", affirme Jean-Pierre Mercier.

Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT - PSA Aulnay-sous-Bois

Ses principales déclarations :

 

A propos de l'accord compétitivité emploi, avec garantie de la direction de ne pas fermer d'usine ou de toucher aux effectifs d’ici 2016. Vous, la CGT, allez-vous signer cet accord ?

"On ne va pas signer cet accord. Il y a une petite nuance : elle ne va pas du tout maintenir l'effectif ! Elle nous a fait une promesse de maintien de volume d'activité lié au marché, une contrepartie qui repose sur du sable ! Quant à l'effectif, elle s'est engagée dans les réunions de négociation à le baisser dans les trois ans ! Il faut dire la vérité !"

Ce n'est pas dans le plan... Ils disent qu'il n'y aura rien de plus que ce qui a été annoncé...

"Les 11.000 suppressions d'emploi sur le groupe, déjà. En réunion de négociation, on nous a bien fait comprendre, on nous a annoncé clairement que sur l'usine de Rennes le plan ne suffirait pas, que pour la direction on est toujours en sureffectif. Un nouveau plan est annoncé sur Rennes : plan de départs volontaires, plan de licenciements, elle ne l'a pas précisé. Et que sur l'ensemble de groupes les départs en retraite ne seront pas remplacés et on aura une baisse d'effectifs réélle..."

 

Il faut bien faire quelque chose pour Peugeot ?

"Il faut que la famille Peugeot se serre la ceinture ! Nous faisons des sacrifices depuis des années ! Augmentation de la charge de travail, gel des salaires, emplois. 3.000 emplois ont sauté à Aulnay, 1.000 salariés sur le carreau..."

 

La dernière voiture sortira d'Aulnay vendredi...

"C'est un coup de communication assez désastreux, elle a été fabriquée en mai. Il y a peut-être des choix stratégiques avec GM qui ont été mal faits..."

Tout le monde est au chevet de Peugeot : l'Etat, les chinois...

"C'est incroyable. Si c'était pour sauver l'emploi, on pourrait discuter. Mais ce n'est pas pour ça ! Peugeot veut trois milliards d'argent frais ! 1,5 des chinois, 1,5 de l'Etat. Les caisses sont vides !"

Mais si Peugeot disparait...

"C'est ce qu'on nous vend à chaque fois quand on veut demander aux travailleurs des sacrifices ! Mais la famille Peugeot est toujours multimilliardaire, toujours première fortune de Suisse, il faut le dire ! Ils font fonctionner 3 sociétés financières où ils spéculent avec les bénéfices de Peugeot... Leur fortune s'est consolidée avec la crise..."

"6 milliards de bénéfices engrangés ces dernières années par la famille Peugeot, elle ne veut pas mettre un centime dans sa propre affaire ! Comment l'expliquer ?"

Il y a un problème structurel, Peugeot n'est pas rentable, les voitures ne se vendent pas...

"Je ne peux pas vous laisser dire ça ! 3 millions de voitures vendues l'an dernier, toujours 450.000 véhicules destinés à l'Iran, impossibles à vendre à cause de GM mais les américains assouplissent leurs règles pour GM et les bloquent pour Peugeot, c'est l'affaire de Peugeot et des américains. On nous demande des sacrifices, il est hors de question de continuer à se serrer la ceinture !"

 

Le risque n'est pas pour vous d'être perdants au bout du compte ?

"Il va falloir trouver le moyen de faire craquer cette famille, qu'elle mette la main à la poche ! Impossible de nous demander de sacrifier notre principale richesse, nos salaires, nos emplois, dès que ça va un peu moins bien."

Ce type de plan a été mis en place chez Renault...

"8.000 emplois en moins ! Je reste sur ma philosophie : ce n'est pas à ceux qui ne font que travailler de faire des sacrifices ! Si le marché baisse, pourquoi ce n'est pas aux décideurs, à ceux qui ont l'argent, de se serrer la ceinture ? L'Etat devrait verser 1,5 milliard sans contrepartie sur le maintien de l'emploi ? Ce serait un véritable scandale quand les caisses sont vides."