Jacob : "La politique de bout de ficelle" du Gouvernement

SAISON 2013 - 2014
  • A
  • A
    Partagez sur :

    Selon Christian Jacob, la hausse de la TVA à compter du 1er janvier 2014 est "irresponsable" et n'est pas une bonne idée.

    Ses principales déclarations :

     

    Jean-François Copé a été élu à la tête de l'UMP il y a un an jour pour jour. Quel est votre cadeau d'anniversaire ?

    "Le cadeau d'avancer vers la victoire de notre camp, de notre famille politique. Un après avoir perdu les présidentielles, les législatives, une crise très dure l'hiver dernier, l'UMP est aujourd'hui en ordre de bataille, on avance !"

    Marine Le Pen réclame une dissolution, vous êtes prêt si elle se produit ?

    "Bien évidemment, c'est le propre d'un grand parti comme l'UMP d'être prêt à toutes les opportunités. Je ne suis pas convaincu qu'il y aura une dissolution..."

    Il ne vaut mieux pas ?

    "Ce n'est pas ça, mais c'est la décision du Président de la République ! C'est à lui qu'il revient de la prendre ou non ! Mais avec le quinquennat et l'inversion du calendrier, un Président qui dissous, ça revient à dire qu'il démissionne ! Après, c'est sa responsabilité..."

    Vous lui dites : il vaut mieux pas ?

    "Non non ! (Rires.) Nous, on est prêts !"

    François Hollande est-il en train de réussir son voyage important en Israël ?

    "Il y avait un enjeu important avec le débat nucléaire en Iran. Dans ce domaine, François Hollande est sur la ligne constante qui a toujours été celle de la France sur le traité de non-prolifération nucléaire, à savoir que l'arme nucléaire est réservée à cinq pays."

    Quand il dit : "Tant que la France n'aura pas le certitude que l'Iran a renoncé à la bombe, elle maintiendra ses exigences et ses sanctions", il a raison ?

    "Il a raison. Il doit convaincre nos partenaires."

    Hier, l'édito de Roger Cohen rendait hommage à François Hollande pour sa fermeté en Iran, au Mali et en Syrie, et conseillait à Obama de prendre du "muscle Français", comparé à un camembert mou...

    "Ecoutez, sur le plan diplomatique, la ligne de la France a toujours été d'intervenir dans le cadre de l'ONU."

    Hollande le muscle, Obama le camembert mou...

    "On peut s'amuser avec ce que l'on veut ! Dans le cas de la Syrie, nous n'étions pas avec François Hollande car il était sorti du champ de l'ONU."

    Il manquera 5,5 milliards de recettes fiscales au budget. Où va t-on les trouver ?

    "Je pense que ce sera malheureusement bien au-delà de 5,5 milliards ! Gilles Carrez annonçait qu'on se serait plus près de 10 ou 11 milliards, je pense qu'il aura raison. C'est la démonstration de l'asphyxie de la France sous la dépense publique, et sous l'impôt ! Quand M. Hollande annonçait la pause fiscale : elle n'est pas venue. Quand M. Ayrault annonçait que l'impôt n'allait concerner que 10% des Français les plus riches... Ils ont menti tous les deux ! Les Français sont asphyxiés sous l'impôt, il faut faire une vraie pause fiscale ! C'est la raison pour laquelle je demande qu'on n'applique pas la hausse de la TVA, ce serait irresponsable de remettre encore une couche d'impôt supplémentaire au 1er janvier !"

    La hausse de la TVA normale et intermédiaire, vous êtes contre alors qu'elle peut rapporter 6 à 7 milliards qui doivent servir au CICE...

    "C'est comme on dit chez moi : compter les œufs au cul des poules ! Ce n'est pas en annonçant une recette fiscale que la recette fiscale arrive ! Quand la France est asphyxiée, les entreprises sont asphyxiées, ils n'en peuvent plus de l'impôt ! Remettre une couche supplémentaire n'est pas possible pour des secteurs comme la restauration, le bâtiment, les emplois de service, il faut savoir arrêter de matraquer la France !"

     

    Vous aviez gâté les restaurateurs... Ils avaient promis d'embaucher, d'augmenter les salaires et de baisser les prix... Ils ne l'ont pas fait !

    "Ce n'est pas en augmentant de 3 points la TVA que ça va changer quelque chose !"

    Dites-leur de faire ce qu'ils ont promis...

    "Ecoutez, on peut leur dire ensemble ! Simplement, aujourd'hui, la réalité, c'est que, quand vous êtes asphyxiés et que l'on remet une couche d'impôts... Pourquoi les recettes ne rentrent pas ? Parce que les gens ne peuvent plus ! Sans résultat économique on ne peut pas payer d'impôts ! Quand chaque jour qui passe on met une charge supplémentaire, on peut être certain de ne pas avoir de résultat économique..."

    Les ambulanciers vont manifester cet après-midi devant l'Assemblée Nationale, la Cour des Comptes rappelle qu'ils coûtent chaque année 3 milliards et demi à la Sécurité sociale et que des économies seraient réalisables. Allez-vous les soutenir ?

    "On ne prend pas les choses par petits bouts ! Ce n'est pas une politique ! C'est une politique de bout de ficelles, les choses ne doivent pas se passer ainsi mais en remettant la France au travail ! C'est pourquoi nous avons proposé de décaler l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans plutôt que d'augmenter les impôts et les cotisations comme le font les socialistes. Quand nous proposons de sortir des 35 heures, c'est pour passer aux 39 heures payées 39, pas de faire tel ou tel aménagement fiscal ! C'est aussi le sujet de la formation ! Si l'on veut faire des réformes de fond, ce n'est pas de la politique de petit bout avec une mesure tous les matins, mais une politique d'ensemble sur le plan économique."

    Marine Le Pen vient de parler d'un problème communautaire dans l'équipe de France. Que veut-elle dire ?

    "Ne me demandez pas de traduire les propos de Marine Le Pen ! Je ne sais pas dans quel contexte elle l'a dit. Ce que je sais sur notre équipe de France, c'est que nous devons être aujourd'hui tous derrière eux ! J'espère que demain, ils vont relever le gant ! Je n'ai pas à commenter le propos de Marine Le Pen, ça ne présente aucun intérêt."

     

    Au congrès des maires à partir de ce soir, auriez-vous tous accueilli le Président avec beaucoup de dignité en dépit de son impopularité ?

    "Le Président de la République, c'est le Président de la République, bien évidemment ! Il incarne sa fonction. Ceci étant, au congrès des maires, je pense que l'accueil va être tendu, notamment sur ce sujet des rythmes scolaires ! La position de M. Peillon est irresponsable ! Voilà un ministre qui refuse d'écouter les maires, les parents d'élèves, les enseignants, les chefs d'établissements, et qui dit : j'en ai rien à faire, au mois de juin je serai à Bruxelles, je prévois mon atterrissage."

     

    Quand Jean-Marc Ayrault va venir, vous qu'il a accusé de remettre en cause la légitimité de l'élection de François Hollande et de faire croire à une crise institutionnelle, comment allez-vous l'accueillir ?

    "Le problème institutionnel est bien réel ! Quand vous avez un Président incapable de fixer un cap... Quel est le cap du Président ? Même sa majorité ne le trouve pas... Ensuite il y a un gouvernement. Où il est, ce gouvernement ? M. Ayrault est incapable de tenir ses équipes gouvernementales, les ministres s'engueulent en direct en règle générale sur tous les dossiers. Il y a une majorité complètement explosée. Je mets au défi M. Ayrault de faire un discours de politique générale, et de voir s'il est encore capable aujourd'hui de rassembler une majorité !"

    Pourquoi dites-vous qu'il est usé ?

     

    "Parce que c'est la réalité ! Quand vous ne tenez pas votre gouvernement, que votre majorité vole en éclats, c'est que vous êtes usé !"

    Les émissions précédentes