Écotaxe : "Encore une décision mi-chèvre mi-chou" pour Marine Le Pen

SAISON 2013 - 2014
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    Marine Le Pen estime que "suspendre cette écotaxe plutôt que la supprimer revient à suspendre une épee de Damoclès au-dessus de la tête des Bretons".

    Marine Le Pen, présidente du Front national

    Ses principales déclarations :

    Manifestation en Bretagne samedi contre l’écotaxe. Vous y serez ?

    « Je serai psychologiquement, sentimentalement aux côtés des Bretons ! Ils vivent une période éminemment difficile. La décision du gouvernement est encore une fois une décision mi-chèvre mi-chou, on a l’impression que ce gouvernement est incapable de prendre des décisions, c’est pourtant cela que l’on attend de lui ! Il fallait annuler cette écotaxe, la supprimer. Le fait de la suspendre, c’est suspendre une épée de Damoclès au-dessus de la tête des agriculteurs, de l’agroalimentaire, c’est une mauvaise chose. »

    Vous comprenez leur colère, y compris leurs violences parfois ?

    « Nous sommes des responsables politiques, nous ne sommes évidemment pas ceux qui allons pousser à la violence, nous la déplorons, mais on comprend cette colère ! Il faut bien dire que dans cette manifestation qui a été certes violente, elle a aussi été violemment réprimée ! Par le passé, on n’a pas vu des manifestations aussi violemment réprimées ! Je me souviens, dans les banlieues en 2005, où des bâtiments ont été brûlés, où des gens ont quand même été tués permettez-moi, où des centaines de voitures ont été brûlées, où les CRS ne bougeaient pas, avaient ordre de ne pas bouger ! »

     

    Personne n’a été tué dans les banlieues en 2005…

    « Ah, si, excusez-moi ! Il y a eu des morts, pas dans les affrontements, mais autour de ces agitations, si si si, bien sûr ! Un monsieur qui prenait une photographie, je me souviens, qui avait été assassiné ! Il y a des publics sur lesquels on donne instruction de taper à bras raccourcis, et d’autres où l’on prend beaucoup plus de gants… »

    Sur les réseaux sociaux, vous demandez à vos militants d’utiliser un logo « Non à l’injustice fiscale » avec un bonnet rouge. Les bretons, vous les récupérez ou les aidez ?

    « Oh non, je ne les récupère pas ! On peut m’accorder d’avoir été courageuse et d’avoir courageusement été la première à dénoncer avec le Front National toute une série de problèmes qu’ils vivent aujourd’hui ! Ca n’a pas été une promenade de santé ! Il y a quelques années, quand l’ensemble de la classe politique se félicitait de l’ouverture totale des frontières, trouvait que l’UE c’était génial, que la libre circulation des travailleurs c’était super… Nous étions les seuls à dire : il faut remettre des frontières, la concurrence internationale déloyale va effondrer notre agriculture, notre agroalimentaire, etc. Nous avons été pour cela beaucoup décriés, par conséquent très objectivement je n’ai pas du tout le sentiment de récupérer qui que ce soit, j’ai le sentiment que nous sommes payés aujourd’hui en terme de confiance du courage qui a été le notre de dénoncer une construction européenne qui faisait à l’époque l’unanimité ! »

    Sur les otages. Il n’y a pas eu d’argent public dépensé pour récupérer les otages, dit Laurent Fabius, mais on comprend qu’il a fallu payer. C’est la bonne méthode ?

    « C’est très difficile de parler de ces choses de manière publique ! A chaque fois, d’après ce que l’on sait, la France a payé des rançons, à chaque fois elle a dit qu’elle n’avait pas payé, bien entendu ! »

    Il faut accepter cette idée de payer une rançon ?

    « Bah… Évidemment c’est problématique de payer une rançon ! D’autres pays ont fait le choix de ne pas payer. Car plus vous payez de rançons, plus vos compatriotes sont « bankables » comme disent les anglo-saxons. Plus ils sont une cible de choix pour des groupes mafieux ou fondamentalistes qui se disent que c’est un bon moyen de trouver un financement assez facile.  C’est la raison pour laquelle nos compatriotes sont ceux qui sont le plus victimes d’enlèvements. »

    On n’en sait rien… Les américains ne communiquent pas…

    « En proportion du nombre d’habitants en France ou aux États-Unis… Je crois quand même… Les sources diplomatiques le disent… Dans l’esprit des fondamentalistes, les Français, c’est rentable ! C’est dramatique ! On paie les rançons aujourd’hui mais ne paie t-on pas en réalité du coup les enlèvements de demain ? »

     

    Si vous êtes au pouvoir, on ne paie plus ? Quitte à sacrifier la vie des otages ?

    « Oui, enfin, ce n’est pas exactement comme ça. Le fait de ne pas payer de rançon ne veut pas dire que les otages vont mourir ! »

    C’est un risque…

    « C’est évidemment un risque, bien entendu… »

    Qu’il faut prendre ?

    « Je pense que c’est un risque qu’il faut prendre, d’autant que nous avons des services de renseignements, une armée capable de récupérer, je le crois, nos otages sans avoir à verser des rançons qui sont encore une fois une incitation à réitérer ces enlèvements à l’infini de compatriotes Français. »

    Vous avez été touchée, en voyant les quatre otages arriver à l’aéroport ?

    « Ces images m’ont laissée dubitative, je vous le dis très sincèrement. J’ai trouvé ces images étonnantes, j’ai trouvé cette extrême réserve étonnante, j’ai trouvé leur habillement étonnant, j’ai ressenti un malaise en voyant ces images. Je pense que je n’ai pas été la seule. Ce retour… »

    Soyez plus claire, je ne comprends pas…

    « Si, vous comprenez très bien ce que je dis puisque c’est ce qu’ont ressenti beaucoup de Français… On avait l’impression d’avoir des images d’hommes qui étaient très réservés, c’est le moins que l’on puisse dire… Les deux qui portaient la barbe taillée d’une manière qui était tout de même assez étonnante… L’habillement était étrange… Cet otage avec le chèche sur le visage, tout ça… Ca mérite peut-être quelques explications de leur part, ça a laissé je crois une impression étrange aux Français… »

    Ils ont été islamisés, c’est ce que vous voulez dire ?

    « Non, écoutez… Je ne suis pas psychiatre… »

     

    Vous êtes dans l’allusion !

    « Non ! Je ne suis pas l’allusion, je vous exprime le sentiment que j’ai eu, dont je pense qu’il a été partagé par un certain nombre de Français ! Je n’irai pas jusqu’à faire des théories, je ne serais pas dans mon rôle. »

    Hier, le Premier ministre a jugé qu’il y avait trop de victimes de racisme à l’Assemblée, il réagissait aux insultes subies par Christiane Taubira, il a appelé à se lever pour dire « non » au racisme. Vous l’auriez fait ?

    « Il faut arrêter le cinéma ! Vous parlez d’utilisation politique : là nous sommes dans la manœuvre, la manipulation politique ! Des injures sont échangées, c’est scandaleux, ce n’est pas au niveau de la démocratie. Que ce soit Christiane Taubira qui en soit victime, ou Marion Maréchal ! Encore une fois, il y a l’indignation à géométrie variable ! De toute façon, maintenant, le PS ne fait que s’indigner, c’est sa seule activité quotidienne ! A 17 heures, ils ont indignation, à 18 heures ils ont piscine ! Tous les jours, il y a un sujet d’indignation ! Harlem Désir est un grand spécialiste de l’indignation ! Il est professeur ès indignation ! »

    Vous vous indignez vous-même…

    « Moi j’apporte des solutions ! Je ne suis pas indignée, ce n’est pas mon fond de commerce ! Je dis : il faut rétablir des frontières, rétablir l’autorité de l’Etat, que compte tenu de la crise que nous vivons aujourd’hui il n’y a qu’une seule chose à faire, c’est revenir aux urnes ! Redonner la parole au peuple ! Notamment avec une dissolution ! Nous sommes dans une crise de l’autorité de l’Etat qui couve depuis longtemps, qui s’explique par le fait que l’Etat a été vidé de ses prérogatives et de sa souveraineté au profit de l’Union Européenne ! Mais aussi que l’Etat est vidé de son unité par le communautarisme, les féodalités, le gouvernement n’a pas de cap ! Et bien, que le peuple Français redonne un cap à la France ! Ca ne peut passer que par de nouvelles législatives ! »

    François Hollande n’a plus de légitimité ? Il pourra être jugé à la fin de son mandat, les électeurs voteront, pourquoi dissoudre ?

    « Dissoudre parce qu’il n’y a pas de cap ! En matière de fiscalité, que veut, que pense le gouvernement ? Où va-t-il, on ne sait pas. En matière d’immigration, au sein du gouvernement, il y a ceux qui veulent que Lenoarda revienne, ceux qui ne le veulent pas, ceux qui veulent qu’elle revienne avec sa famille… »

    Vous ne voulez pas qu’elle revienne…

    « Ah non, sûrement pas ! En matière de monnaie, il y a ceux qui pensent que l’euro est surévalué, M. Montebourg, ceux qui pensent que pas du tout, M. Moscovici… Où est le cap ? Quand on est dans une telle situation, je pense qu’il faut revenir au peuple car il est le seul souverain en France, je le rappelle, on a tendance à l’oublier ! »

    Le peuple qui a élu François Hollande…

    « C’est vrai ! Je ne le conteste pas du tout. »

    Les présidents de clubs de foot ne veulent pas la taxe à 75%. Faut-il la supprimer ? Au moins pour les clubs de foot ?

    « Sûrement pas ! C’est indécent de voir des clubs de foot qui paient des gardiens de but 120.000 euros par mois… Qui viennent se plaindre quand des millions de Français sont victimes de l’austérité… C’est indigne, indécent ! Le Qatar a payé 300 millions d’euros depuis 2011 en transfert ! Et ces messieurs n’accepteraient pas de payer une taxe à 20 millions ? Allons, ce n’est pas raisonnable. »

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