"Ça ne gazouille pas, ça travaille et ça discute !"

SAISON 2013 - 2014
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    À écouter la presse, il y a de l'eau dans le gaz entre le Président et le Premier ministre. Bruno Le Roux nie en bloc.

    Bruno Le Roux, président du groupe Socialiste à l’Assemblée Nationale

    Ses principales déclarations :

    Dans la presse, on apprend que le Président se plaint que son Premier ministre ne lui sert plus de bouclier... Y'a t-il de l'eau dans le gaz ?

    "Il n'y a pas le moindre problème aujourd'hui ! C'est bien d'ailleurs la première fois, c'est ce qui peut étonner. Le Président a défini une politique, elle est mise en œuvre par le Premier ministre, il est venu cette semaine à votre micro la défendre, et il y a une majorité. Entre les trois, aucun problème !"

    On dit que ça gazouille entre les deux...

    "Ca ne gazouille pas, ça travaille et ça discute, sans qu'il y ait une feuille de papier à cigarette !"

    N'y a t-il pas une question d'autorité ?

    "On confond toujours autorité, autoritarisme... Il y a un Premier ministre qui a rappelé aux ministres qu'ils doivent être performants, efficaces dans leurs secteurs d'activité, qu'ils doivent s'y limiter et doivent avoir l'intérêt des Français uniquement..." (Interrompu.)

     

    Dans le climat, avec impopularité et mécontentement qui montent, entre Président et Premier ministre, ce n'est pas un rapport de force mais un rapport de faiblesse...

    "Non ! Les deux attendent des résultats et font tout pour les mettre en œuvre le plus vite possible."

    Il parait que vous avez du mal à tenir vos députés... Ils veulent rosir le budget 2014...

    "Ils entendent la souffrance des Français."

    Ils veulent renforcer la taxe à 75% et durcir l'ISF en intégrant l'assurance vie dans les revenus...

     

    "Oui c'est vrai, ils le souhaitent et ils sont rejoints par le président du groupe socialiste ! C'est les amendements que nous allons porter. Je veux moi qu'il y ait un effort qui continue à être le mieux réparti possible, il y a au moment où l'on demande des efforts à tous les Français des efforts à faire chez ceux qui ne contribuent pas encore assez, il y a quelques marges de ce côté là."

     

    Pourquoi vouloir durcir à l'heure où l'on joue la réconciliation avec les chefs d'entreprise ?

    "Mais les chefs d'entreprise, la réconciliation, pour nous c'est une affaire nationale ! Il y a besoin d'entreprises pour créer les emplois, c'est pourquoi j'ai trouvé quelque peu indécent, en tout cas inacceptable, les comportements des chefs d'entreprise avec leurs cartons jaunes à Lyon. Et puis ce que M. Gattaz nous dit : nous pourrions créer demain un million d'emplois ! A quelles conditions ? Une meilleure compétitivité ? Nous le faisons. Une réforme du marché du travail ? Nous le faisons. Une fiscalité qui puisse être discutée avec le patronat ? Nous le faisons !"

    "Je dis au patronat d'arrêter de pleurnicher ! Il faut arrêter ces grandes assemblées ! C'est le combat pour l'emploi qu'il faut mener, je souhaite qu'il soit aux côtés du gouvernement et pas dans une posture rétrograde."

    Plus vous leur donnez, plus ils en veulent...

    "Mais nous ne cédons rien !"

     

    La Une de la Croix : "Les patrons sont-ils maltraités ?"

    "C'est bien la question ! Nous ne faisons rien contre les patrons, pour les patrons ! Nous pensons que l'entreprise est essentielle ! D'ailleurs, pour la première fois, quand j'ai fait les journées parlementaires, j'ai demandé à M.Gattaz de s'y exprimer, c'était la première fois dans des journées parlementaires socialistes ! Je veux écouter les chefs d'entreprise ! Mais quand ils ne reconnaissent pas la réalité, donnent le sentiment de ne pas vouloir participer à l'effort, de ne pas être dans une posture de combat pour l'emploi, pour la compétitivité alors que tous les moyens sont mis à leur disposition, je dis qu'il y a des limites à un comportement..." (Interrompu.)

    Vous êtes d'accord avec la formule de Bernard Cazeneuve : "L'Etat tend la main aux patrons, pas la joue"

    "L'avertissement que je leur donne, c'est que nous allons continuer à faire en sorte que les entreprises soient aidées pour créer des emplois, mais pour créer des emplois ! A un moment donné, s'ils veulent être dans un autre débat, je suis à leur disposition ! S'ils veulent être dans un débat d'opposition à ce que fait le gouvernement..."

    La social-démocratie implique la guerre aux patrons ?

    "Ca n'implique surtout pas la guerre aux patrons ! Ce que nous faisons, les assises de l'entrepreneuriat, le plan compétitivité, c'est pour l'emploi ! Nous mettons l'entreprise au cœur de notre dispositif ! Ces cartons jaunes étaient inacceptables !"

    A Brignoles, vous dites aux électeurs socialistes de voter UMP ?

    "Bien entendu ! Ils doivent se mobiliser ! Je leur dis de voter UMP, que ce serait dramatique qu'un candidat soit élu sur un programme qui n'est pas inscrit dans la République ! Qui n'est pas porteur des valeurs de la République !"

     

    Comment expliquez-vous, alors que tous les leviers sont à gauche, que vous soyez contraints d'appeler à voter UMP ?

    "D'abord parce qu'il y a une difficulté à mobiliser notre électorat qui est aujourd'hui dans l'interrogation. Heureusement qu'il y a tous ces élus de gauche sur le terrain, sinon la vie des Français aurait été autrement plus compliquée ces dernières années ! Mais il y a, et nous l'assumons, une politique de redressement à faire, et je ne reviens pas sur l'héritage ! Il y a un héritage, un redressement à opérer, les Français attendent des résultats ! Nous avons c'est vrai beaucoup de mal aujourd'hui à mobiliser un électorat, ce doit être notre réflexion principale..."

    Le FN va gagner...

    "J'espère que le FN va perdre ! Il y a une dynamique dont on voit bien dans quel sens elle est... Le FN est présent au second tour sur ce canton depuis de nombreuses années ! Et pour autant je ne veux pas être dans la défaite avant même que les bureaux de vote aient ouvert... Il y a d'un côté un candidat qui ne reflète pas mon programme, ce que je pense, mais qui s'inscrit dans le champ républicain et je demande à ce que les électeurs de gauche puissent se mobiliser pour éviter un candidat, un élu Front National !"

    Le MRAP porte plainte contre Manuel Valls après ses propos sur les Roms... Raciste, Manuel Valls ?

    "Au moment où le MRAP faisait ça hier, Manuel Valls était à Lyon en essayant de travailler avec l'Islam de France, on le félicitait d'avoir interdit les groupuscules d'extrême-droite ! Je ne comprends pas ! Le MRAP est une très belle association ! Seulement elle est tellement faible je crois aujourd'hui qu'elle fait des choses comme cela qui sont incompréhensibles."

    Vous n'avez pas répondu...

    "Sur Manuel Valls raciste ? Non, bien entendu ! Personne n'arrivera jamais à démontrer la moindre particule de racisme chez quelqu'un comme Manuel Valls !"

    Donc vous êtes d'accord avec lui sur les Roms...

    "Nous en avons déjà parlé, je n'aurais pas employé la même formule ! Mais dans le même temps, Manuel Valls ne peut pas être susceptible d'incarner la moindre stigmatisation à l'égard d'une communauté"

    Est-il la digue de l'extrême-droite, l'adversaire N°1 de Marine Le Pen ?

    "Non, il est très certainement celui qui est très écouté dans notre camp, il doit s'exprimer, j'essaie de le faire à ses côtés, nous devons tous y prendre notre part."

    Jean-François Copé a exclu hier toute alliance même locale avec le FN, "parti à la démagogie extraordinaire", au programme "copié-collé de celui de vos alliés communistes..."

    "C'était une espèce de tambouille hier soir, on n'a pas compris véritablement grand chose ! Si ce n'est que la droite est toujours tirée vers ses extrêmes, depuis plusieurs semaines. Elle est dans une spirale du shutdown à la Française tellement elle est dans la détestation ! C'est totalement fou de dire ça [programme copié-collé sur celui des communistes] il y a un programme qui n'est pas républicain, l'autre s'inscrit dans la République. Il y a quelques fois un manque de réalisme !"

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