Bel : "Hollande a droit au respect de sa vie privée"

SAISON 2013 - 2014
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    La révélation de Closer sur la relation secrète entre le Président et Julie Gayet est jugée "assez désolante" par le Président du Sénat.

    Jean-Pierre Bel, président du Sénat.

    Ses principales déclarations :

     

    Le Président est-il un citoyen comme un autre ?

    "Oui, il est un citoyen comme un autre et donc il a droit au respect de sa vie privée."

    C'est tout ?

    "Oui, je trouve assez désolant..."

    Un à un, tous les tabous s'écroulent...

    "Bien sûr mais est-ce que nous devons commenter une annonce d'un journal dont j'ignore les sources et par rapport auquel, à mon sens, on doit rester très prudents ? Il y a d'autres problèmes qui se posent (...) Vous avouerez que ces images sont assez curieuses, je n'ai pas bien compris où on voulait en venir, la vie privée doit vraiment être un respect absolu. Ce type de photos, je ne vois pas ce que cela fait avancer..."

    Sur les photos, on voit les chaussures...

    "Oui, je reconnais les miennes ! Ça pourrait être moi, si on ne juge que les chaussures !"

    Conférence de presse mardi. Vous avez vu le Président récemment : vous l'avez trouvé comment ?

    "Combattif, déterminé, très concentré sur les annonces formulées au moment des vœux. La bataille de l'emploi est essentielle pour lui. C'est surtout de cela dont nous parlons, et c'est cela qui est important."

    Combattif ? Il change tout : comportement, style, vie personnelle, politique ?

    "Vous savez bien que non. Ce qu'on peut dire, c'est que le Président a décidé d'accélérer dans cette bataille pour l'emploi, pour sortir de la situation où nous sommes. Il a formulé, expliqué, à l'occasion de la conférence de presse il aura l'opportunité d'expliquer plus précisément."

    Va t-il appeler un chat un chat ou faire deux pas en avant un pas en arrière ?

    "Non ! Le Président je crois, chacun l'a compris, n'est pas le personnage que l'on a décrit : il sait où il va, il est très déterminé dans cette bataille que nous menons pour la France et les Français. Je crois qu'il saura le dire et trouver les mots, sans difficulté."

    Il saura aussi trouver les mots sur Closer ?

     

    "Pour moi, c'est une non-information. Je n'ai pas vraiment envie de commenter."

    Une procédure d'urgence s'est mise en place à propos de Dieudonné, elle ressemblait à une justice politique...

    "Non. Face à des personnages qui déversent des flots de haine, de racisme, d'antisémitisme, la question se posait de comment agir efficacement. Je crois qu'il faut mener plusieurs batailles : politiques, juridiques et pédagogiques. Il est très important d'expliquer aux jeunes le martyr de millions de personnes."

    L'urgence est d'appliquer la loi ; mais pour des faits qui remontent à longtemps, que l'on connait...

    "Vous savez très bien que Dieudonné a été condamné à de multiples reprises par la Justice et qu'à aucun moment il ne paie ses amendes. La question était de savoir si l'on doit faire la politique de l'autruche, faire preuve de faiblesse, être inactifs... Ou si au contraire il faut réagir."

    On résout un problème de cette ampleur avec des CRS ?

    "Il faut utiliser toutes les armes contre ces gens ennemis de la liberté. L'antisémitisme n'est pas une opinion, c'est une insulte à la mémoire de tous ceux qui ont souffert, un délit qui a été condamné à plusieurs reprises."

    Demandez-vous l'exécution des condamnations sans tarder ? Badinter dénonçait hier sur Europe 1 la lenteur de la Justice...

    "Il a certainement raison mais je crois qu'on a raison aussi de prendre des circulaires, les moyens juridiques qui permettent d'arrêter devant cette espèce de passivité dont on a fait preuve jusqu'à présent... C'est un personnage qui n'est pas un humoriste mais un militant politique de l'antisémitisme qui organise son insolvabilité en même temps, il a aussi des intérêts qu'il sait très bien défendre... Il faut lutter contre ce personnage qui commet à la fois des délits et des insultes face aux valeurs de la République..."

    Manuel Valls a utilisé la stratégie de la circulaire et répète : "La République a gagné"... C'est "J'ai gagné" ?

    "Non, ils sont plusieurs à avoir dit que la République a gagné. On peut se poser la question de l'efficacité, de bonne foi. Je pense que tous les moyens doivent être utilisés, y compris celui-là."

    Le bureau du Sénat a rejeté la demande de levée de l'immunité de Serge Dassault. Vous avez honte ?

    "Je n'utiliserai pas ce mot. Je suis profondément déçu par cette décision, un peu blessé mais il faut raison garder. Mais la Justice passera, je vous le dis, elle ne sera pas entravée. Je suis blessé parce que cette décision a permis un flot d'antiparlementarisme et a donné une image du Sénat absolument négative, catastrophique."

    Le bureau du Sénat : 26 élus, 14 de gauche, 12 de droite qui ont fait bloc.

    "Oui, je pense que faire jouer des préférences amicales ou politiques dans un sujet comme celui-là est une très mauvaise chose pour la démocratie. Je défends le Sénat : c'est une assemblée utile à notre démocratie. Avec un système à une seule assemblée, nous serions dans l'élaboration de la loi de manière expéditive. Le Sénat est utile pour la défense des libertés, il l'a prouvé dans le passé, il continue à le faire. On travaille beaucoup au Sénat, je veux réhabiliter l'image de ce Sénat. Cette décision ne nous aide pas."

    Quelqu'un a trahi vos recommandations et ses promesses ?

    "Visiblement, quelqu'un, sa main a tremblé... Je me suis même demandé si quelqu'un ne s'était pas trompé tellement ça m'a paru stupéfiant."

    Vous demandez le vote transparent à main levée... Vous imposerez le vote à main levée ?

    "Oui. Je demanderai à ce qu'on lève le secret sur les délibérations du bureau sur ces questions. Je pense que la Justice peut déposer une requête avec des motivations qui nous permettront de nous prononcer..."

    Si la Justice réclame une nouvelle fois la levée de l'immunité de Serge Dassault, vous êtes prêt à faire voter à main levée ?

     

    "Oui, nous le ferons, et je l'espère à main levée, très vite, le plus vite possible, si la Justice décide de nous saisir."

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