L'échec de la stratégie du Front de Gauche

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Caroline Roux est une chronique de l'émission Europe matin
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Hénin-Beaumont est devenu le symbole de l'échec de la stratégie du Front de Gauche dans son combat contre le Front National.

Thomas : On a beaucoup parlé du Front National, en position de gagner la ville d'Hénin-Beaumont, selon le sondage ifop Europe 1 que l'on vous a présenté hier.Bonjour Caroline Roux. L'autre enseignement, plus discret mais pas moins fort de ce sondage, c'est le Front de Gauche. Tombé à 5%...  5% c'est pas lourd pour une ville dont Jean-Luc Mélenchon avait fait une "terre de combat contre le FN"... En fait ça devient surtout le symbole de l'échec de sa stratégie...   

Mélenchon ce sont ses vieux copains qui en parle le mieux,ceux avec lesquels il pensait construire une force de gauche alternative. Ceux qu’il espérait décrocher à la gauche du PS ou chez les Verts. Il s’est « groupusculisé, il est resté scotché dans les années 30 » dit de lui un ami socialiste avec lequel il a un passé trotskiste. Même sévérité chez les écolo : « j’ai cessé de le voir quand il est parti dans un délire Robespieriste et Chavezien » dit ce cadre des verts qui veut tordre le cou à l’idée qu’il y a des beaucoup d’alliances entre le parti de gauche et les écolos aux municipales. C’est le cas dans 1.5 % des villes de plus de 30 000 habitants, bref  pas grand chose. L’attitude personnelle de Jean-Luc Mélenchon a calmé ceux qui pensaient pouvoir le rejoindre. Une de ses vieilles copines pourtant séduite par son intransigeance explique « il vire les gens autant qu’un évêque peut en bénir, il pense qu’il faut couper les branches mortes ». Elle fait référence entre autre à cette tête de liste du parti de gauche congédié pour avoir pris un verre avec un UMP. Ces propos, sonnent comme la sanction de sa démarche. Il s’est radicalisé et à perdu une chance de récupérer les déçus de François Hollande.

Thomas : Et avec les communistes  ils en sont où ? Ca a l'air bien compliqué. C'est un peu "couple au bord de la crise de nerf" ?

Ca va se tasser, il y aura des listes communes aux européennes et d’ailleurs il n’est pas exclu que le Front de gauche fasse un bon score sur une ligne dure contre l’Europe.  Mais les relations resteront tendues, la preuve Jean Luc Mélenchon annonce la couleur en organisant une marche avec Olivier Besancenot contre l’extrême droite en avril. Au passage il envoie lui aussi une petite carte postale pour montrer qu’il n’a pas renoncé à une révolte de gauche quand Pierre Laurent défend lui un communisme de velours compatible avec le Ps. 

Thomas : Finalement, à Jean-Luc Mélenchon, il lui reste la présidentielle, ça c’est un combat qui lui convient mieux non ? 

Pas sur que les communistes soient prêts à lui redonner les clés de la boutique. Et vous pouvez compter sur les socialistes pour encourager Pierre Laurent à tenter gentiment sa chance. François Hollande l’a toujours méprisé quand il était encore socialiste, il fera tout pour le priver d’oxygène. Jean Luc Mélenchon voulait être le bruit et la fureur, il a oublié au passage que les Français malgré la colère voulaient eux : juste un espoir et des solutions.  

Pour l'instant le rendez-vous avec les Français est raté pour Jean-Luc Mélenchon