L'écrivaine algérienne Assia Djebar est morte

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L'écrivaine algérienne Assia Djebar est morte
@ OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP
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DISPARITION - François Hollande a rendu hommage samedi à la romancière algérienne, membre de l'Académie française et grande voix de l'émancipation des femmes musulmanes. 

L'info. L'écrivaine algérienne Assia Djebar, membre de l'Académie française, est morte vendredi à 78 ans dans un hôpital parisien, trois ans après avoir été pressentie pour le prix Nobel de littérature, a annoncé samedi la radio publique algérienne. Cette auteur prolifique, l'une des figures majeures de la littérature d'expression française, prônait l'émancipation des musulmanes et le dialogue des cultures. François Hollande lui a rendu hommage samedi, évoquant "une femme de conviction", "engagée contre la régression et, souvent, contre la misogynie", selon un communiqué publié par l'Elysée. 

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Première personnalité du Maghreb élue à l'Académie française. Née le 30 juin 1936 dans une famille de la petite bourgeoisie traditionnelle, Fatima Zohra Imalayène avait publié son premier roman, "La soif", en 1957. Comme nom de plume, elle avait choisi Assia ("la consolation") Djebar ("l'intransigeance"). Première femme musulmane admise à l'Ecole normale supérieure de Paris (1955), elle est aussi la première personnalité du Maghreb élue à l'Académie française (2005), après l'avoir été à l'Académie royale de Belgique, en 1999.

Fille d'un instituteur, elle prend très jeune le parti de l'indépendance de son pays, alors sous domination française, mais décide d'écrire en français et enchaîne les ouvrages. Après notamment "Femmes d'Alger dans leur appartement" (1980), "L'amour, la fantasia" (1985), "Ombre sultane" (1987), elle fait parler les grandes figures féminines proches du Prophète dans "Loin de Médine" (1991). En 1983, Pierre Beregovoy, ministre des Affaires sociales, la choisit pour représenter l'immigration algérienne au Conseil d'administration du Fonds d'action sociale (FAS), où elle siège six ans.

Auteur et réalisatrice prolifique. En 1995, elle accepte la direction du Centre d'études françaises et francophones de Bâton Rouge (Louisiane). Elle poursuit son oeuvre, riche d'une vingtaine de romans traduits en autant de langues, sur le sort des femmes et des intellectuels dans l'Algérie de la violente décennie 1990. Suivent entre autres "Oran, langue morte" (1997, Prix Marguerite Yourcenar à Boston) et "La Femme sans sépulture". Assia Djebar, qui a aussi enseigné la littérature française à la New York University, était également réalisatrice de films primés, dont "La Nouba des femmes du mont Chenoua" et "La Zerda ou les chants de l'oubli".