Vol MH370 : en fait, que sait-on ?

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Vol MH370 : en fait, que sait-on ?
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QUESTIONS A - Bernard Chabbert, spécialiste aéronautique d’Europe1, fait le point sur les éléments de l’enquête sur la disparition du Boeing de Malaysia Airlines.

Finalement, de quoi est-on vraiment sûr ? Selon les derniers éléments de l’enquête sur la disparition du vol MH370, la zone supposée du crash de l’appareil de Malaysia Airlines ne serait pas la bonne et les signaux reçus ne seraient pas ceux des boîtes noires.

>> Europe1.fr fait le point sur l’enquête avec Bernard Chabbert, spécialiste aéronautique d’Europe 1.

L'enquête est-elle revenue à la case départ ?

Oui, ces révélations renvoient tout le monde à zéro, surtout qu’elles viennent de quelqu’un de crédible - en l’occurrence ici il s’agit du numéro deux de la Marine américaine - qui indique que la zone de recherches n’est finalement pas la bonne. Donc aujourd’hui, on se retrouve dans la configuration précédente qui est que le mystère s’épaissit une nouvelle fois.

Du coup, toutes les hypothèses sur la trajectoire de l’appareil sont à nouveau sur la table ?

En fait, des hypothèses, il y en a deux. Elles se basent sur les données – très maigres – qui ont été recueillies juste avant la disparition de l’appareil.

• La première hypothèse était celle d’une trajectoire vers le nord et qui aboutissait du côté de l’Afghanistan, après avoir traversé une partie de la Chine et une partie de l’Inde. Mais ce sont des pays où les systèmes de défense aérienne sont sophistiqués. Penser qu’un avion de cette taille puisse y passer sans être repéré paraît peu probable, à moins que ces pays ne nous disent pas tout. Mais, a priori, cette hypothèse est à éliminer.

• Il reste donc la deuxième hypothèse, qui est celle d’une trajectoire vers le sud de l’océan Indien. Cette trajectoire correspond aux données recueillies par les satellites et, vu le carburant à bord, on a pu déterminer une zone, très vaste, environ la taille de la France, à l’ouest de l’Australie, dans laquelle l’appareil s’est sûrement abîmer.

Finalement, de quoi est-on sûr exactement ?

On sait que l’appareil a bel et bien rebroussé chemin avant de piquer vers le sud, vers l’océan Indien, qui est d’ailleurs une zone où aucun avion ne passe habituellement. On sait que l’appareil avait environ 7 heures de carburant à bord. Il a donc probablement volé sous pilote automatique jusqu’à vider ses réservoirs.

Si les signaux satellitaires ont été captés, cela signifie que l’appareil existe, puisqu’il émet. Ces signaux - qu’on appelle des "ping" - ont été émis pendant environ sept heures. Donc pendant sept heures, l’avion n’a pas explosé par exemple, il était encore entier.

C’est en tout cas ce que nous montrent les données satellitaires. Là, il ne s’agit pas d’une hypothèse, mais d’une certitude. Et il s’est donc abîmé quelque part au large de l’Australie. Voilà, les seules certitudes dont on dispose aujourd’hui.

Qu'est-ce qui a pu causer la perte de l’appareil ?

On a un certain nombre d’hypothèses qui se dessinent. Il est probable qu’un feu à bord soit à l’origine du crash. On sait que l’appareil transportait environ 400 kilos de batteries lithium, comme celles qu’on utilise pour nos téléphones portables.

On sait que ces batteries ont un comportement dangereux si elles prennent feu. Elles dégagent des gaz tellement toxiques qu’ils sont mortels en quelques minutes. Donc il est possible qu’un feu de cette nature se soit déclaré dans la soute de l’avion. Dans ce cas, tout le monde a été empoisonné en quelques minutes et l’appareil a continué sa course en pilote automatique.



Et ce qui permet de pencher vers cette hypothèse, c’est que ça colle avec le fait que lorsqu’un incendie se déclare à bord de l’appareil l’équipage tente de poser au plus vite l’avion. Or, on sait selon les données radar que le Boeing a entamé un demi-tour, avant de plonger vers le sud du globe.

Connaitra-t-on un jour la vérité ?

On ne peut pas le dire. Cette histoire nous apprend, en tout cas, que les mystères existent, malgré toutes les technologies dont nous disposons à notre époque. Cela fait quasiment trois mois que l’appareil à disparu et les questions demeurent.

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