Une nuit peu fructueuse à Copenhague

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Une nuit peu fructueuse à Copenhague
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Un premier projet de déclaration politique a été élaboré durant la nuit, mais il demeure vague.

C’est le jour J à Copenhague. Alors qu’à 24 heures de son terme, le sommet menaçait d’aboutir à une impasse, un groupe restreint de chefs d'Etat et de gouvernement a pris la main jeudi soir pour tenter de sauver les négociations sur le réchauffement climatique. Conseillers et négociateurs ont travaillé d'arrache-pied toute la nuit.

Un projet de déclaration politique destiné à "mettre en avant les principaux points" d’un éventuel accord, a ainsi été soumis à une trentaine de dirigeants et de gouvernement vendredi matin. Une fois peaufiné, ce texte, rédigé par les conseillers des dirigeants, sera présenté dans l'après-midi à tous les chefs d’Etat et de gouvernement réunis en sommet dans la capitale danoise, pour conclure un accord contre le réchauffement de la planète.

Selon des sources ayant participé aux négociations, ce projet prévoit que les pays industrialisés aident les nations défavorisées à hauteur de 100 milliards de dollars par an en 2020. Le texte indique que la hausse de la température moyenne du globe doit être maintenue en dessous de deux degrés par rapport aux niveaux de l'ère pré-industrielle.

Avant que les chefs d'Etat ne décident de reprendre la main en soirée, les mises en garde sur le danger d'une "catastrophe" à Copenhague s’étaient multipliées jeudi. "On court à la catastrophe", avait lancé Nicolas Sarkozy à la tribune de la conférence. "Revenir avec un accord vide de sens serait bien pire que revenir les mains vides", avait déclaré, de son côté, le porte-parole de la Maison Blanche, alors que le président américain Barack Obama est arrivé au Danemark vendredi matin.

Depuis dix jours, les pourparlers coincent sur la répartition des efforts, tant financiers qu'en termes d'engagements sur les réductions des émissions de gaz à effet de serre. L'affrontement oppose notamment les Etats-Unis et la Chine, tandis que les pays en développement soupçonnent en permanence les "grands" de vouloir les marginaliser.

"Préoccupée par l'absence de progrès", l'Union européenne a jusqu’à maintenant renvoyé les deux plus grands pollueurs de la planète dos-à-dos en appelant chacun à aller "de toute urgence jusqu'à l'extrême limite de leur flexibilité". De leur côté, les grands émergents rappellent leurs besoins de croissance économique pour sortir une partie de leur population de la misère. Trouver un accord qui ménagera les intérêts de tous risque de s’avérer délicat, sinon impossible.

> Sarkozy : "On court à la catastrophe"