Une loi polonaise irrite Israël et provoque une mise en garde de Washington

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Une loi polonaise irrite Israël et provoque une mise en garde de Washington
Washington a appelé la Pologne "à réexaminer la loi à la lumière de ses possibles conséquences sur la liberté d'expression". Image d'illustration. @ OLIVIER DOULIERY / AFP
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Washington a prédit des "répercussions" après le vote par le Sénat polonais dans la nuit de mercredi à jeudi d'une loi controversée sur la Shoah. 

Le Sénat polonais a voté dans la nuit de mercredi à jeudi une loi controversée sur la Shoah, destinée à défendre l'image du pays, mais qui a irrité Israël et fait l'objet d'un sérieux avertissement américain. Pour entrer en vigueur, la loi doit être encore signée par le président polonais Andrzej Duda.

Des "répercussions". Les Etats-Unis ont exprimé mercredi leur "inquiétude" quant aux conséquences de cette loi.  Elle risque d'avoir des "répercussions" sur "les intérêts et relations stratégiques de la Pologne, y compris avec les Etats-Unis et Israël", a mis en garde la porte-parole du département d'Etat Heather Nauert, estimant que d'éventuelles divisions entre alliés "ne profiteraient qu'à nos rivaux". Elle a appelé la Pologne "à réexaminer la loi à la lumière de ses possibles conséquences sur la liberté d'expression et sur notre capacité à être de bons partenaires".

Que dit la loi ? La loi punit par des amendes ou des peines de prison allant jusqu'à trois ans de réclusion ceux qui attribuent "à la nation ou à l'Etat polonais" des crimes commis par les nazis allemands en Pologne occupée. Aux yeux des conservateurs au pouvoir en Pologne, il s'agit en priorité d'empêcher qu'on utilise l'expression "camps de la mort polonais" à propos de ceux installés par les nazis allemands en Pologne occupée.

Pour Israël, la réalité "est déformée". Mais les responsables israéliens s'émeuvent surtout d'un passage où ils voient une tentative de nier la participation de certains Polonais à l'extermination des juifs, voire la possibilité de poursuivre des survivants de la Shoah qui évoqueraient de tels cas. Après l'adoption du projet de loi par la chambre basse vendredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a protesté vivement : "Nous ne tolérerons pas qu'on déforme la vérité et réécrive l'Histoire ou qu'on nie l'Holocauste", a-t-il dit. Des protestations d'organisations juives à l'étranger ont suivi. Mais le Sénat a adopté le texte sans le modifier.